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UE/Obésité Le Parlement veut plus de contrôles sur la publicité ciblée enfants

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Un meilleur étiquetage des denrées alimentaires, des restrictions sur les publicités pour les aliments malsains adressées aux enfants, de meilleurs aliments dans les cantines, des activités physiques dans les écoles ainsi qu’une TVA réduite pour les fruits et légumes. Ce sont là les principales revendications du rapport de Alessandro Foglietta (Union pour l’Europe des Nations, Italie) qui vient d’être adopté en session plénière par le Parlement européen. Ce rapport fait écho au Livre Blanc de l’UE sur les problèmes de santé liés à la nutrition et à l’obésité. Un Livre Blanc considéré comme une « étape importante » dans une stratégie globale de lutte contre l’obésité en Europe mais qui, selon les députés, gagnerait à prévoir des contrôles plus encadrés notamment en ce qui concerne la publicité des aliments pour enfants.

S’ils saluent l’approche volontaire adoptée dans la Directive sur les services de médias concernant la publicité pour les aliments à faible valeur nutritionnelle destinée aux enfants, les députés attendent aussi des propositions plus sévères si l’approche volontaire s’avère inefficace. Ils invitent également l’industrie à limiter la publicité télévisée de produits non sains destinés aux enfants à des tranches horaire bien précises. Ces limitations devraient également s’appliquer aux nouveaux médias (jeux en ligne, pop-ups et autres SMS). Tout en reconnaissant le rôle important et efficace que l’autoréglementation de l’industrie joue dans la lutte contre l’obésité, les eurodéputés soulignent aussi que toutes les parties concernées doivent avoir des objectifs clairs et concrets et que ces objectifs fassent l’objet d’un contrôle indépendant.

Repas à la cantine plus surveillés

Le Parlement européen insiste sur la nécessité de surveiller et d’améliorer la qualité et les normes nutritionnelles des repas dans les écoles et dans les jardins d’enfants. Il encourage l’abandon de la vente en distributeurs d’aliments et de boissons riches en graisses, en sels et en sucres dans les écoles et leur remplacement par des fruits et légumes frais et des produits sains. Les parlementaires exigent que toute forme de parrainage et de publicité visant à promouvoir les produits riches en sucre, en sels ou en graisses, à faible valeur nutritionnelle, dans les écoles fasse l’objet de l’accord exprès des autorités de l’école, ainsi que d’une surveillance des associations de parents d’élèves. Ils encouragent les producteurs d’aliments à reformuler leurs produits riches en énergie, mais peu nutritifs, afin de réduire leur teneur en graisses, en sucre et en sels et de les enrichir en fibres, en fruits et en légumes.

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Bannir les acides gras trans

Soulignant la menace grave constituée par les acides trans industriels (responsables de maladies cardio-vasculaires), les eurodéputés affirment qu’ils devraient faire l’objet d’une initiative législative destinée à les éliminer totalement des produits alimentaires (demande refusée par les députés UMP français). Ils demandent aussi qu’une analyse soit faite du rôle que jouent les exhausteurs de goût artificiels (glutamates, guanylates et inosinates, très présents dans les plats préparés et aliments produits industriellement), afin de déterminer leur influence sur les comportements de consommation.

TVA à moins de 5 % sur les fruits et légumes

Les députés demandent notamment la modification des textes communautaires afin que la filière des fruits et légumes puisse bénéficier d’un taux réduit de TVA inférieur à 5%. Dans l’attente de la réalisation de cette mesure, qui exige l’unanimité au Conseil (et à laquelle se sont opposés les conservateurs Tories britanniques et l’UMP français), la résolution parlementaire plaide pour davantage de souplesse dans l’application de la directive de 1991 sur la TVA.