« La première graine », l’ouvrage de Stéphane Le Foll, sort en librairie le 4 octobre. Dans ce livre de 180 pages, publié aux Éditions Calmann Levy, l’ancien ministre de l’Agriculture rappelle les grandes idées qu’il a portées pendant le précédent quinquennat, notamment le fait que « l’agriculture et la forêt doivent devenir des alliés du grand changement en cours ».
Après avoir raconté ses origines agricoles, et son enfance entre le pays de Loué et celui des monts d’Arrée, dans son livre La première graine, Stéphane Le Foll nous invite à un voyage dans le temps. Comment la première graine a-t-elle été semée ? Comment les hommes sont-ils passés de chasseurs-cueilleurs à agriculteurs ? « Cette question m’interpelle », avoue-t-il.
La deuxième et la troisième graine que l’auteur a semées, c’est l’agro-écologie et la façon dont il a construit sa vision politique de l’agriculture, au cours de ses années, d’abord en tant que député européen. Puis comment il l’a mise en œuvre au ministère de l’Agriculture, même si certains lui disaient que cela semblait « un peu gazeux ». L’agriculture « a un rôle primordial à jouer pour que nous parvenions à une gestion saine et respectueuse de notre environnement. […] C’est le sens du projet agroécologique que j’ai porté pendant cinq ans », explique-t-il. Il se définit comme « le ministre des crises et porteur de projet ».
Une lettre à Olivier de Serre
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Et sa quatrième graine : c’est la COP 21 et son initiative 4 pour 1000 dont il n’est pas peu fier. « J’ai voulu faire comprendre que la modernité de l’agriculture n’est pas seulement dans l’usage des drones et de la data, mais dans la maîtrise des écosystèmes, l’amélioration des sols, le respect des rotations », explique-t-il. Des pays continuent de signer l’initiative et un événement aura lieu à la Cop23 de Bonn en novembre. « Même la Chine a voté. En revanche, toujours pas la Commission européenne. Ça commence à m’énerver ! La Commission est obsédée par la baisse des émissions de carbone et elle oublie complètement le potentiel de stockage du carbone par l’agriculture et la forêt », s’insurge-t-il.
Et sa dernière graine est pour l’agronome Olivier de Serre, dont il est admiratif, et à qui il écrit une lettre. « S’adapter à son milieu, le posséder pour en tirer le meilleur, avec le moins possible d’appel à l’extérieur, voilà, cher Olivier, ce qui est notre point commun », conclut Stéphane Le Foll. Cet ouvrage montre à quel point l’ancien ministre est un vrai passionné d’agronomie et il maîtrise son sujet. Il est regrettable qu’il soit tombé dans une période si troublée pour chercher à entraîner les agriculteurs dans une grande mutation.
"La Commission européenne n’a toujours pas signé l’initiative 4/1000. Ça commence à m’énerver !"