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Le plan de filière laitière définit un socle commun « France Terre de lait »

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C’est le 14 décembre que l’interprofession laitière a remis au ministre son plan de filière. Celui-ci définit un standard de lait de haute qualité, et il prévoit de finaliser sous six mois un cadre interprofessionnel sur les négociations commerciales, en s’appuyant sur des indicateurs de référence.

Le plan de filière laitière aura été accouché dans la douleur. « La semaine dernière, nous étions à deux doigts de ne rien écrire », reconnaît Thierry Roquefeuil, président du Cniel, l’interprofession laitière. Au final, il a été validé à l’unanimité par le conseil d’administration du 12 décembre puis présenté au ministre de l’Agriculture le 14 décembre. « Nous avons travaillé dur pour que tout le monde s’y retrouve », avoue-t-il. Même le commerce et la distribution, qui ne sont pas membres du Cniel, ont été intégrés à la concertation. « Nous avons acté le fait que le commerce et la distribution entreront au Cniel, en revanche nous n’avons pas encore défini les modalités financières de cette entrée », précise Thierry Roquefeuil. De même, il a été acté qu’un lien plus étroit soit établi avec les associations de consommateurs et les ONG.

Une charte bien-être animal à construire

Qu’y a-t-il dans le plan de filière lait ? Tout d’abord une affirmation par tous que la France a des ambitions laitières. « Nous avons défini un socle commun de référence correspondant à la production d’un lait standard de haute qualité, baptisé ‘France Terre de lait’», explique-t-il. Ce lait sera produit dans le respect de la charte des bonnes pratiques – déjà existante – et du bien-être animal, dont la charte reste à écrire. « Il doit garantir une juste rémunération des éleveurs et doit permettre à ceux-ci de se faire remplacer au moins un jour par semaine ».

Et au-delà de ce socle de base, le plan de filière prévoit une segmentation du marché avec le respect de cahiers des charges qui justifie une rémunération supplémentaire. « Nous avons fixé comme objectif un doublement de la production de lait bio en 5 ans, en adéquation avec la demande », insiste Thierry Roquefeuil. Sur la segmentation, le président du Cniel reconnaît qu’il reste du travail à faire, notamment avec les filières végétales pour répondre à cette demande grandissante du "nourries sans OGM ».

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Tableau de bord mensuel d’indicateurs économiques

De même, « nous allons créer un réseau d’OP qui sera associé à l’ensemble des travaux de l’interprofession qui les concernent », explique Thierry Roquefeuil. En effet, le Cniel va élaborer un tableau de bord mensuel d’indicateurs économiques qui sera mis à disposition des acteurs de la filière pour les aider à la construction du prix. On retrouvera des données sur les volumes, les prix et les coûts de production au niveau national, européen et mondial. « Le plan prévoit de définir sous six mois un cadre interprofessionnel qui crée des conditions de négociations commerciales plus transparentes, réactives et équitables », avance la FNPL.

Au final, Thierry Roquefeuil est satisfait que ce plan ait abouti, et il constate que « les mentalités ont évolué ». « Tout le monde à fait du chemin depuis 2015 où j’avais démissionné de la présidence du Cniel », alors que l’Interprofession ressemblait de plus en plus à une coquille vide. C’est aussi l’avis de Damien Lacombe, président de Sodiaal. « Les États généraux de l’alimentation ont permis de recréer des conditions propices au dialogue entre les différents maillons de la chaîne. Nos attentes sont fortes sur le plan de filière mais aussi sur un arsenal législatif complet qui garantira une répartition équitable et durable de la valeur », insiste-t-il. Ce sera le chantier de 2018.

Un socle de base, puis une segmentation avec cahier des charges qui justifie une rémunération supplémentaire