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Stockage de grains Le Plan silos entame une montée en puissance

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Après de gros retards, les projets de construction de stockage se voient maintenant appuyés par les pouvoirs publics, laissant espérer une véritable avancée du Plan silos. Les besoins sont chiffrés à 5 Mt supplémentaires sur cinq ans. Ils doivent permettre de mieux gérer la qualité de la production et d’éviter les à-coups sur les prix.

À l’approche de la récolte, les annonces de nouveaux silos se multiplient. De récentes mises en service par les coopératives Cavac et Agora en donnent l’illustration (lire l’encadré). Si la France est loin d’avoir retrouvé une pleine capacité de stockage de ses grains, les principales difficultés administratives aplanies laissent espérer une véritable avancée du Plan silos. Ce plan, préparé par FranceAgriMer et validé ce printemps par les autorités, prévoit la construction de 5 Mt de stockage supplémentaires en cinq ans, pour un investissement total d’un milliard d’euros entièrement à la charge de la filière. « On voit un début de montée en puissance des constructions, les instructions sont données aux préfets pour faciliter les projets », note Pierre-Olivier Drège, directeur général des Céréaliers de France, qui regrette « un retard énorme ».

« Un besoin urgent »

Coop de France est en train de procéder à un inventaire des programmes en cours, dont les résultats seront dévoilés le 11 juillet. A ce stade, le chiffrage est en ligne avec une précédente enquête, soit près de 2,5 Mt de stockage pour un échantillon représentant 50 % de la collecte nationale. « On est à peu près sur les mêmes volumes qu’il y a deux ans », dévoile Vincent Magdelaine, directeur des Métiers du Grain chez Coop de France. « Il semble qu’on ait beaucoup moins fermé de silos que prévu initialement : on a plutôt cherché à entretenir et rénover. »
Durant la dernière décennie, la France a perdu plus de 3 Mt de capacité de stockage quand la collecte augmentait de 6 Mt. Son déficit atteint donc 9 Mt, la moitié devant être comblée par le Plan silos, qui tient compte d’une hausse du stockage à la ferme. La conséquence s’est fait notamment ressentir l’an passé quand les cours des céréales ont flambé entre mi-août et mi-septembre : les producteurs se sont alors hâtés d’écouler leurs récoltes à l’export et si personne ne veut parler d’engorgement, les capacités de stockage ont été sévèrement testées. « Il y a un besoin urgent de 5 Mt de stockage supplémentaire », estime Pierre-Olivier Drège.

Régulation du marché et valorisation du grain

Pouvoir conserver les récoltes dans de bonnes conditions constitue un outil de régulation des marchés et une garantie de qualité pour les pays importateurs. « Le yoyo des cours est aggravé par le manque de silos », souligne Vincent Magdelaine. La réduction des sites de stockage nuit également au « nécessaire classement des grains selon leur qualité pour répondre aux besoins de marchés de plus en plus segmentés », fait valoir FranceAgriMer. « Le Plan silos vise en particulier des constructions sur des grands axes logistiques – route, fleuve et train – pour permettre de stocker et d’expédier facilement vers les industries de transformation ou à l’export, se félicite Pierre-Olivier Drège. Cela permet d’optimiser les coûts, qui sont déterminants pour la compétitivité des grains français à l’export. »

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