L’Association interprofessionnelle de la betterave et du sucre (AIBS) a remis au ministre de l’Agriculture et à la secrétaire d’État à l’Industrie, un plan stratégique « Betteraves-Sucre-Bioénergies ». Ce plan s’inscrit « en cohérence avec le futur pacte productif » annoncé par le président Macron, souligne l’interprofession.
Avec son plan « Betteraves- Sucres - Energies », remis le 18 novembre au gouvernement, l’interprofession de la betterave et du sucre (AIBS) veut « redonner des perspectives à moyen et long terme » à la filière, et en appelle à l’accompagnement des pouvoirs publics. Le plan est décliné en cinq objectifs, notamment sur l’amélioration de la compétitivité de la culture de betterave « en favorisant la triple performance économique, sociale et environnementale » et de l’industrie sucrière.
Un volet du plan vise à diversifier les valorisations et exploiter le potentiel de la betterave dans le cadre de la bioéconomie. Un autre consiste à renforcer le positionnement de la production française dans les échanges internationaux en optimisant la logistique et en garantissant une équité concurrentielle. L’objectif est aussi de valoriser les produits, les pratiques et les métiers.
« Ce plan a pour but de redonner des marges de compétitivité et de développement autour d’une ambition commune : retrouver un leadership européen légitime avec un excédent sectoriel de plus de 1,5 Mrd€ » atteint lors de la première campagne post-quotas il y a deux ans.
Renforcer la compétitivité de l’amont à l’aval
Pour renforcer la compétitivité de la culture de betterave, le plan repose sur un appui à la formation, des diagnostics technico-économiques, explique le directeur de l’AIBS Thierry Gokelaere. Il s’agit d’encourager le développement des exploitations en agriculture bio, sous certification HVE (haute valeur environnementale). Autre champ d’action : le machinisme, avec un appui à l’acquisition de matériel, la R&D. « Des besoins existent dans le désherbage localisé, qui permet de réduire l’utilisation de phytos », illustre-t-il. Le plan prévoit encore d’expérimenter l’instrument de stabilisation du revenu (ISR), apparu lors de la révision à mi-parcours de la Pac.
Un objectif parallèle est de « consolider la compétitivité de l’industrie sucrière dans les territoires ». L’idée est de poursuivre les investissements dans l’efficience énergétique des usines, avancer dans la neutralité carbone, détaille Thierry Gokelaere. Des efforts sont aussi prévus dans le domaine des ressources humaines. Le secteur est peu attractif, selon lui. D’où le besoin de développer des programmes d’apprentissage.
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Plusieurs actions visent à diversifier les valorisations de la betterave. Un chapitre concerne le développement du bioéthanol, via des mesures réglementaires en France et dans l’UE sur le taux d’incorporation, des aides régionales à l’achat de boîtiers flexfuel. La méthanisation est vue comme un débouché moins prioritaire, face à l’utilisation des pulpes en alimentation animale, pour lesquelles un soutien de la Pac serait bienvenu, d’après Thierry Gokelaere. Concernant la chimie du végétal, le plan est axé sur la recherche aussi bien en amont, autour de nouvelles molécules, qu’en aval, dans la mise en place d’unités pilotes, avance-t-il.
Moderniser les infrastructures logistiques
Le renforcement du made in France à l’international passe par la logistique. Il s’agit d’encourager la modernisation des réseaux ferrés de proximité, dits capillaires, des réseaux fluviaux à faible gabarit, dits Freycinet. Le plan réclame « une équité concurrentielle », ce qui veut dire mener des actions contre les politiques entraînant des distorsions, traduit-on à l’AIBS avec l’Inde dans le collimateur ; « arrêter d’utiliser le sucre et l’éthanol comme monnaie d’échange » lors des accords de libre-échange, notamment avec le Mercorsur.
Un dernier grand objectif du plan se rapporte à l’image de la filière. L’idée est par exemple de valoriser le bio, la HVE. Côté aval, c’est de soutenir des projets de labellisation « Vitrines industrie du futur ».
Le plan stratégique « Betteraves-Sucre-Bioénergies » s’inscrit en cohérence avec le futur pacte productif, souligne l’AIBS : consommation raisonnée de sucre, appui à l’investissement et à l’innovation, réponse aux attentes sociétales (bio, HVE…), promotion de nouveaux débouchés.
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