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Exportations Le port de Rouen veut réduire sa dépendance vis-à-vis des céréales

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Le premier port mondial de blé veut se mettre à l’abri des fluctuations de plus en plus grandes du trafic de céréales, qui représente un quart de son activité en volume. Il cherche à profiter de la bulle commerciale de la Chine en développant les échanges Est/Ouest, alors qu’il était jusqu’alors spécialisé dans les échanges Nord/Sud.

En 2004, le trafic maritime total du port autonome de Rouen s’élève à 20,2 millions de tonnes (Mt) contre 21,9 Mt en 2003, soit un recul de 8 %. La principale cause de ce recul est la baisse des exportations de céréales : 5,3 Mt en 2004 contre 6,5 Mt en 2003. Cette baisse d’activité s’explique par deux raisons : d’une part la baisse de la récolte 2003 en raison de la sécheresse, d’autre part la faiblesse du dollar par rapport à l’euro qui a fortement réduit la compétitivité des céréales européennes sur le marché européen, malgré une bonne récolte 2004.

« Le port autonome de Rouen doit s’affranchir de sa trop grande dépendance vis-à-vis du trafic céréalier », lance la directrice générale du port de Rouen, Martine Bonny. Elle fait le constat que le marché céréalier est devenu instable : « De plus en plus de pays sont exportateurs, comme l’Argentine ou les pays de l’ex-URSS, commente-t-elle. Le marché est fortement dépendant des fluctuations monétaires. Quant aux restitutions, leur avenir est incertain. C’est pourquoi il est incontournable de se diversifier ». Le port autonome de Rouen mise beaucoup sur le développement du trafic en conteneurs, qui a d’ailleurs progressé de 11 % en tonnage. « Rouen était surtout axé sur les échanges traditionnels Nord/Sud. Nous cherchons à développer depuis 2004 les échanges Est/Ouest car c’est là que la croissance du fret est exponentielle», explique Ghislain de Boissieu, président du port de Rouen. Il s’agit de profiter du réveil de la Chine qui a fait exploser le trafic maritime mondial!

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Recul des autres trafics agricoles

Parmi les autres trafics, les exportations de protéagineux (pois jaunes, féveroles) ont baissé de 29 % à 0,25 Mt. Le trafic des engrais est aussi en baisse de 32 % à 0,42 Mt, en raison de la fermeture de l’atelier d’acide phosphorique de Grande Paroisse. Les exportations de malt (191 000 t) sont stables. Les farines en sac reculent de 21 % à 0,24 Mt. Le trafic sucrier tous conditionnements diminue de 37 % à 0,22 Mt, en raison d’une moindre récolte en 2003. « En dépit de ces diminutions, Rouen demeure toujours au premier rang des ports français exportateurs de farines et au deuxième rang pour l’exportation du sucre », précise le port de Rouen.

Forte augmentation des importations de bois

Le port autonome de Rouen a fortement développé le trafic du bois en 2004, qui a connu une hausse de 27 % pour atteindre 0,19 Mt, avec une forte augmentation des bois du Nord, grâce à la mise en place d’une ligne régulière entre la Finlande et Honfleur, et des bois en provenance du Brésil et d’Afrique de l’Ouest. « Nous bénéficions du succès que connaissent les magasins de bricolage», explique Ghislain de Boissieu.