Le nouveau ministre portugais de l’Agriculture, Jaime Silva, a demandé à la Commission européenne et aux États membres, lors du Conseil agricole de l’UE du 14 mars à Bruxelles, leur « compréhension » pour que son pays puisse surmonter les conséquences de la pire sécheresse qu’il ait connue en vingt-cinq ans. L’Espagne a également fait part de sa situation, similaire à celle de son voisin, annonçant l’envoi à la Commission de rapports sur les dommages causés aux cultures de fruits et légumes et d’agrumes.
« En raison de la très grande faiblesse des précipitations qu’elle a connue, l’année 2004 a été considérée comme une année de grande sécheresse. Selon l’Institut de météorologie, la quantité de précipitations cumulées enregistrée de septembre 2004 à février 2005 varie entre 31 % et 70 % par rapport à la moyenne du territoire continental, atteignant dans le sud du pays des valeurs constamment inférieures à 40 % », fait valoir le Portugal. « En janvier et février 2005, la situation s’est aggravée, notamment dans les régions du centre et du sud du pays. Des informations récentes confirment que 75 % du territoire connaissent une sécheresse grave (40 %) et extrême (35 %), la situation actuelle étant la pire que l’on ait connue au cours des vingt-cinq dernières années. Il convient d’ajouter que, même si à partir du mois de mars les valeurs de précipitations redeviennent normales pour la saison dans le sud du pays, la situation de sécheresse est irréversible ».
Selon la Confédération des agriculteurs portugais, les dégâts se chiffrent déjà à plus de 1 milliard d’euros, un montant qui peut encore être revu à la hausse.
Mesures ponctuelles et aide d’État
« Il a déjà été possible de prendre certaines mesures (avance sur la prime à la vache allaitante et prime spéciale aux jeunes bovins mâles et utilisation à des fins d’alimentation animale des terres mises hors culture), qui ont permis d’atténuer les premiers effets de la sécheresse », précise le Portugal, ajoutant : « Nous espérons que d’autres mesures, que nous avons entre-temps déjà sollicitées (dérogations relatives aux densités d’élevage dans le cadre des indemnités compensatoires, réserve spécifique et mesures agroenvironnementales), pourront être approuvées rapidement par la Commission, de manière à ne pas pénaliser davantage les producteurs ».
« La persistance de ces conditions climatiques impose de prévoir d’autres mesures d’urgence. Les autorités portugaises sont en train de suivre l’évolution de la situation et d’effectuer un travail de relevé des préjudices subis et prévisibles, notamment : baisses de production, besoins en matière d’alimentation animale et renforcement de la capacité de captage d’eau », ajoute Lisbonne, qui « compte sur la compréhension de la Commission et des États membres pour pouvoir surmonter cette conjoncture difficile ».
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Le ministre portugais a ainsi souhaité que des céréales actuellement stockées à l’intervention puissent être acheminées afin de pallier la pénurie de fourrage. Il a également souligné que, dans l’hypothèse où la sécheresse se prolongerait au cours du second trimestre, Lisbonne devrait envisager l’octroi d’aides d’État et demanderait une autorisation en ce sens au Conseil et à la Commission.
M. Silva a annoncé, à ce propos, qu’il allait soumettre à Bruxelles les détails d’une aide d’État de quelque 15 millions d’euros déjà accordée en janvier par le précédent gouvernement en vertu de la règle communautaire dite de minimis.
En réponse, Mariann Fischer Boel, la commissaire à l’agriculture, s’est engagée à fournir une aide au Portugal dans cette situation de crise, ajoutant que, dans le cas où Lisbonne notifierait une aide d’État afin de compenser les pertes de revenu agricole dues à la sécheresse, ses services instruiraient le dossier rapidement, dans le respect de la législation communautaire. Le Portugal a été soutenu par la Hongrie qui avait connu une situation équivalente en 2003.