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Forêt Le premier contrat pour la filière forêt-bois est signé

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La filière forêt-bois et le gouvernement (Ecologie, Agriculture et Economie) ont signé le contrat de filière du Comité stratégique de la filière (CSF) bois, le 16 décembre. Une première qui ne traite que partiellement la question du financement de la filière.

LA filière forêt-bois, Ségolène Royal, ministre de l'Ecologie, Stéphane Le Foll, ministre de l'Agriculture, et Emmanuel Macron, ministre de l'Economie, ont signé le contrat de filière du Comité stratégique de la filière bois à Paris, le 16 décembre. La question du financement des actions pour sortir la filière du déficit commercial était prégnante. La filière demande un approvisionnement de 150 millions d'euros par an du fonds stratégique de la forêt et du bois. « Ce qui est demandé par la filière est parfois excessif », a soutenu E. Macron en conférence de presse. S. Le Foll et S. Royal ont rappelé qu'avec le fonds stratégique, le doublement du fonds chaleur de l'Ademe (2) notamment, 90 millions d'euros seront disponibles en 2016. Quant aux professionnels de la filière, ils insistent : « L'absence de moyens suffisants est de nature à compromettre le déploiement des actions du contrat de filière ».

« Une aberration économique »

Officialisée « filière industrielle prioritaire » par l'ancien ministre de l'Economie Arnaud Montebourg, la filière forêt-bois a du potentiel, mais elle part de loin. « Aujourd'hui, la filière bois est une des plus grandes aberrations économiques que nous connaissons », a soutenu Emmanuel Macron, à Mimizan, le 15 décembre en marge de la visite du premier groupe industriel de la filière, le groupe Gascogne. Le déficit commercial de la filière est gigantesque, « si je mets l'énergie à part, c'est l'un des deux ou trois secteurs où nous sommes les plus déficitaires en termes de commerce extérieur », a relevé le ministre de l'Economie. Dernièrement, le service de statistiques du ministère de l'Agriculture relevait que le déficit commercial de la filière forêt-bois, bien qu'en recul en 2014 par rapport à 2013, était toujours élevé (-5,6 milliards d'euros). Pourtant, le chiffre d'affaires annuel de la filière s'élève à près de 60 milliards d'euros en France.

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Structurer l'offre

Le diagnostic est unanime. Il faut structurer l'offre. Le ministre de l'Economie prend l'exemple des deux dernières tempêtes dans les Landes qui ont montré combien la filière manquait d'organisation. « On l'a vu avec les deux tempêtes des années 2000. C'est comme ça qu'on subit des variations sur le prix du bois, parce qu'on ne sait pas lisser les choses, on a une offre qui n'est pas assez structurée», a-t-il estimé. Le CSF bois rappelle que le contrat s'appuie sur quatre grands défis : « piloter une stratégie globale, établir une synergie avec le développement régional », « sécuriser les approvisionnements », « établir un nouveau plan “bois construction rénovation environnement” ».

(1) Agence de l'environnement et de maîtrise de l'énergie