Abonné

Biocarburants Le Premier ministre annonce un triplement de la production d’ici 2007

- - 4 min

Visitant l’usine d’ester-carburant de Compiègne (Oise), Jean-Pierre Raffarin a annoncé le 7 septembre un plan destiné à tripler la production française de bio-carburants d’ici 2007. La production hexagonale passerait alors de 450 000 tonnes annuelles à 1,25 million de tonnes.

Dès le début 2005, des appels d’offres devront être lancés, puis être dépouillés au printemps. Ce plan sollicitera un million d’hectares de cultures (betteraves, céréales, oléagineux), quatre nouvelles usines de 200 000 tonnes chacune et 6 000 emplois supplémentaires. Il permettra aussi de conforter les approvisionnements protéiques (grâce aux sous-produits) et d’éviter l’émission de trois millions de tonnes de CO2 par la France, tout cela pour un coût d’un centime d’euro par litre pour la collectivité. Le plan détaillé du plan sera confié à Hervé Gaymard pendant l’automne.

Un dossier d’intérêt général

Ce programme a été annoncé dans l’enceinte de l’usine de Compiègne devant les représentants de la profession agricole, en présence des pétroliers, de Nicolas Forissier et du ministre de l’Écologie. Hervé Gaymard était retenu aux obsèques des deux contrôleurs tués lors du meurtre perpétré en Dordogne. Jean-Pierre Raffarin a souligné à plusieurs reprises la « détermination du président Chirac, très mobilisé sur ce dossier». Le chef de l’État, comme le Premier ministre, y voient un dossier fédérateur : les bio-carburants créent de nouvelles industries, ainsi que de nouveaux débouchés à l’agriculture et de nouveaux emplois, ils sollicitent la recherche, ils permettent de diversifier les sources d’énergie (et de protéines), ils aident la France à réaliser ses engagements de Kyoto contre l’effet de serre. Selon le Premier ministre, les bio-carburants s’inscrivent dans les grands virages stratégiques qu’a su négocier l’Hexagone jusque-là à certaines périodes de son histoire : « Les choix énergétiques pris dans les années soixante et soixante-dix ont permis à la France de bénéficier du kilowatt parmi les moins chers du monde. De même, nous devons gérer notre facture pétrolière de la façon la plus intelligente», a souligné le chef du gouvernement.

Les propositions de la filière « éthanol »

Avant de délivrer la teneur de son plan, le Premier ministre a écouté les professionnels, tant de l’agriculture que du pétrole. Parmi les premiers, Dominique Ducroquet, président des betteraviers, a demandé à M. Raffarin d’obtenir des agréments dès 2005, pour les usines d’éthanol existantes. « Nous pouvons doubler la production dès 2005, en passant de 10 000 hectares de betteraves-éthanol à 20 000 et en passant de 15 000 hectares de blé-éthanol à 30 000 ». C’est là la proposition que formulera la filière éthanol à Hervé Gaymard, lorsqu’il mettra en place le dispositif français des bio-carburants.

La filière de l’éthanol résume ainsi son plan :

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

– première étape, une saturation des capacités existantes. La production passerait alors dès 2005 de 100 000 tonnes à 200 000 tonnes d’éthanol. Les surfaces passant de 10 000 hectares de betteraves-éthanol à 20 000 et de 15 000 hectares de blé-éthanol à 30 000 ha.

– deuxième étape, sur les quatre usines à construire d’ici 2007, deux seraient des usines d’éthanol à 200 000 chacune de capacité. Soit 400 000 tonnes additionnelles. Soit un total de production de 600 000 tonnes.

– troisième étape, doubler ce chiffre de 600 000 tonnes pour que la France suive l’objectif des 5,75% de bio-carburants dans les carburants d’ici 2010, fixé par la directive européenne.

De son côté, Xavier Beulin, président de la Fédération française des producteurs d’oléo-protéagineux, a demandé que « la France ne prenne pas de retard par rapport à l’Allemagne » en ester notamment. L’industrie allemande de l’ester est soutenue par une fiscalité plus incitative qu’en France : un avoir fiscal de 47 centimes par litre d’ester outre-Rhin, contre 33 en France.