Lors de la conférence de presse de rentrée de la Fédération nationale des producteurs laitiers (FNPL) du 4 septembre, André Bonnard, secrétaire général, regrettait des prix bas alors même que les signaux de marchés sont encourageants. « Les prix du beurre augmentent, la poudre de lait écrémé s’écoule et la sécheresse a entraîné une diminution de la production ». Le syndicat déplore un prix de 310-315 euros pour 1 000 litres payés par Lactalis sur le dernier trimestre. Le secrétaire général accuse l’industriel d’augmenter ses marges et suggère que les difficultés de Lactalis poussent le transformateur à « faire payer le coût de la salmonelle aux éleveurs ».
L’industriel s’est immédiatement défendu de toute baisse du prix, dans un communiqué de presse du 6 septembre et annonce un prix « en légère hausse sur les neuf premiers mois de l’année ». Il affirme avoir fixé un prix de 340 euros les 1 000 litres (sur la base de 41 g/l de matière grasse et de 33 g/l de matière protéique) cet été, « malgré une conjoncture laitière très difficile ». En justification : les hausses tarifaires accordées par les distributeurs ont été inférieures à ses demandes de revalorisation et le prix du lait doit être en adéquation avec le marché mondial.
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
Pour le syndicat, ces annonces sont un trompe-l’œil. « Le prix annoncé par Lactalis est basé sur la méthode de calcul 41/33 qui dope le prix d’au moins 15 euros pour 1 000 litres, rapporte le syndicat. Sur les mois d’août et de septembre, le prix de Lactalis est, en cumulé, inférieur de 21 euros à celui de Sodiaal. Ce qui s’est rarement vu ! ». L’association d’organisations de producteurs Unell a saisi le médiateur au début du mois d’août. Une médiation est en cours sur le prix d’été.
Les difficultés de Lactalis poussent le transformateur à « faire payer le coût de la salmonelle aux éleveurs »