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Forêt Le prix des forêts françaises progresse de 8,5% en 2004

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Le prix des forêts françaises a progressé de 8,5% en 2004, soit une hausse cumulée de 52% sur les six dernières années, selon l’indicateur du marché forestier présenté le 7 juin par la Société forestière de la Caisse des dépôts, en collaboration la fédération nationale des Safer .

« Le marché est florissant, tout est en hausse, quelles que soient les catégories ». Laurent Piermont, le p. -d. g. de la Société forestière, filiale de la Caisse des dépôts et consignations, affiche un sourire satisfait. De fait, 107 000 hectares de forêt ont été vendus l’an passé (en hausse de 15%), pour un montant de 795 millions d’euros. En six ans, entre 1998 et 2004, le prix de la forêt a augmenté de 52% en valeur courante, soit 37% en valeur réelle (hors inflation). Le prix moyen s’affiche en 2004 à 4120 euros/ha. Ce sont les petites forêts de 1 à 10 hectares qui enregistrent les prix les plus élevés, en raison notamment de la demande croissante d’acquisitions à des fins résidentielles (maisons de campagne), de loisirs (chasse) ou de protection des milieux (à l’initiative des collectivités locales). A l’échelle des régions, le pourtour méditerranéen enregistre la plus forte hausse de prix (+11,8%), suivie du Grand-Ouest (+9,8%), des régions Centre-Bourgogne (+8,9%) et de l’Aquitaine (+8,3%). Le Nord-Est (+4%) et l’Ile-de-France (+3,6%) ferment la marche. Deux bémols sont apportés à ce tableau économique : les tempêtes de 1999 ont fait chuter le prix de la matière première « bois », et le taux de change entre l’euro et le dollar reste défavorable aux produits forestiers.

L’influence de la bulle immobilière

Comment s’explique la hausse du prix des forêts ?

« La bulle immobilière, la baisse des taux d’intérêt et l’augmentation des capacités d’emprunt ont entraîné une hausse des espaces de loisirs acquis par des non-agriculteurs pour des fonctions résidentielles » indique Laurent Piermont. Le prix des terres et des prés s’en est trouvé renchéri de 54%, alors que la hausse aurait été limitée à 20% sans les achats des non-agriculteurs, précise t-il.

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Près de 10% des transactions concernent des surfaces avec des bâtiments. « Le bâti capte une grande valeur du patrimoine dans les espaces ruraux», explique Robert Levesque, directeur de Terres d’Europe-Scafr, le bureau d’étude de la fédération nationale des Sociétés d’aménagement foncier et d’établissement rural. « Plus la surface est petite et plus il y a de bâtiment, plus la valeur résidentielle du bien est élevé. La valeur globale d’une forêt associée à un pré et à un bâtiment est plus importante que la somme de leurs valeurs individuelles », ajoute-t-il. Alors que le prix du bois a chuté de 30% entre 1997 et 2004, les prix des forêts a augmenté sur la même période de 37% en valeur réelle, et de 43% pour les terres et les prés. « Le marché des forêts se segmente de plus en plus », résume le p. -d. g. de la Société forestière, précisant que les activités « non productives » des forêts (loisirs, résidence…) commencent à entrer en concurrence avec leurs fonctions productives (telle l’exploitation forestière) dans certaines régions. Les vallées de la Seine et de la Loire, la Sologne, ainsi que le pourtour des grandes villes, sont les zones les plus touchées.

L’année 2005 s’annonce d’ores et déjà active. « On a déjà doublé le niveau de vente par rapport à la même période de 2004», se réjouit Max Penneroux, directeur général-adjoint de la Société forestière.