L’association Famille rurales regrette la hausse des prix des fruits et légumes en 2020, qui les rend selon elles inaccessibles à certaines bourses. L’interprofession rappelle que les conditions météorologiques et la crise sanitaire participent à cette inflation.
« Force est de constater que tous les fruits et légumes frais ne sont pas accessibles à toutes les bourses. » C’est le constat global dressé par l’association Familles rurales dans son observatoire des prix des fruits et légumes 2020 présenté le 28 juillet. Menée du 30 mai au 12 juin via 75 relevés de prix dans 26 départements, l’étude portait sur un panier de huit fruits et huit légumes frais conventionnels et bio dans quatre types de surfaces de vente (hyper/supermarchés, EDMP-hard discount, marchés et magasins spécialisés).
Principaux résultats : en un an, le prix des fruits a bondi de 17 % en conventionnel et de 6 % en bio, tandis que le prix des légumes a augmenté de 4 % en conventionnel et de 1 % en bio. C’est dans les EDMP (ex-hard discount) que le panier est le plus compétitif « malgré une hausse de 22 % » par rapport à 2019, tandis que le marché demeure la surface la plus onéreuse (25 % plus cher qu’en EDMP), note l’association.
Elle calcule que manger cinq fruits et légumes par jour – tel que recommandé dans le plan national nutrition santé (PNNS) – représente 12 à 21 % d’un Smic net mensuel pour une famille de quatre. Dans le contexte de crise économique, « les injonctions du PNNS […] paraissent impossibles à tenir pour certaines familles », souligne Familles rurales.
Conditions météos peu favorables
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Pour l’interprofession des fruits et légumes frais (Interfel), cette hausse des prix constatée sur un an par Familles rurales est « à remettre en perspective face aux événements exceptionnels de 2020 », selon un communiqué le 29 juillet. À savoir, les difficultés de main-d’œuvre et logistiques rencontrées durant la crise sanitaire qui « ont eu des conséquences directes sur les prix des fruits et légumes frais ». Et, les conditions météorologiques « particulièrement peu favorables » avec notamment un manque de froid hivernal indispensable au mûrissement des fruits à noyau.
De plus, l’observatoire de Familles rurales a été réalisé en juin, une « période de transition » avec la fin des produits de printemps et l’arrivée des produits d’été, pointe Interfel. « Cette année, le mois de juin est plus que jamais une période de transition pour la consommation avec la période de déconfinement, les règles sanitaires toujours en place et certains débouchés non disponibles. Les prix reflètent donc l’effet d’offre et de demande de cette période », assure l’interprofession.
« Les injonctions du PNNS paraissent impossibles à tenir pour certaines familles »