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Foncier Le prix des surfaces forestières résiste à la crise

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Le prix des forêts françaises s’est maintenu en 2009 malgré la crise internationale. Selon l’indice présenté le 20 mai par la Société forestière et la FNSafer, le prix moyen des forêts non bâties a progressé de 0,9% l’an dernier. Pour les acteurs financiers comme les industriels, la forêt est perçue comme un investissement solide. Mais le marché s’est quand même fortement contracté avec une réduction de plus de 25% du volume des transactions.

En période de crise, la forêt retrouve sa fonction de valeur refuge et de diversification de l’investissement. C’est ce que montrent les résultats de l’étude annuelle sur le marché des forêts en France présentée le 20 mai par la Société forestière de la Caisse des dépôts et consignation et la FNSafer (Fédération nationale des sociétés d’aménagement foncier et d’établissement rural). Le prix des forêts en 2009 a en effet bien résisté malgré la crise financière internationale avec un prix du bois qui s’est écroulé ces dernières années (-6% en 2008 et -23% en 2009). L’indice du prix moyen des forêts non bâties a progressé de 0,9% en 2009 après avoir gagné plus de 16% les trois années précédentes. La crise a donc quand même eu un impact sur le marché forestier. Car si les prix se maintiennent, le volume de transactions a, lui, connu une forte contraction. En valeur le marché a reculé de près de 27% par rapport à 2007 (il est difficile de comparer avec 2008 où quelques opérations exceptionnelles avaient faussé les résultats). Il est repassé sous la barre symbolique des 100 000 ha (avec 92 900 ha) et du milliard d’euros échangés (à 860 millions). Il faut remonter à 1998 pour trouver une surface de marché aussi faible. En moyenne un hectare de forêt française s’est négocié à 4 950 euros en 2009 avec des différences entre les petites parcelles de moins de 10 ha (5 350 euros/ha) et le plus grandes (4 760 euros/ha).

Demande de bois énergie
Les transactions de lots de plus de 50 ha sont celles qui connaissent le plus fort repli avec une baisse d’environ un tiers (en valeur comme en volume). Les propriétaires de grandes forêts ont préféré ne pas vendre plutôt que baisser le prix de leur bien. Une attitude qui, selon Robert Lévesque, directeur du département d’études de la FNSafer, témoigne de la confiance des propriétaires dans la forêt comme « valeur refuge ». Pour preuve : pour la première fois, les personnes morales ont acheté plus que les personnes physiques. Pour Laurent Piermont, p. -d. g. de la Société forestière, c’est un signe que les investisseurs se sont tournés vers la forêt. Parmi ces acteurs qui ont réinvesti le marché, on compte un nombre important d’industriels énergéticiens qui veulent assurer l’approvisionnement en bois d’unités de cogénération d’électricité (en réponse aux appels à projet de la Commission de régulation de l’énergie). Mais aussi y installer des éoliennes ou des panneaux photovoltaïques. De plus en plus d’achats sont également réalisés par des collectivités pour la production d’énergie renouvelable notamment dans les Landes et l’est de la France.

Se protéger des aléas de la bourse
« Les banques et les assureurs redeviennent prudents et regardent à nouveau vers la forêt pour faire face à la chute des valeurs boursières », estime également Michel de Warren, directeur des investissements à la Société forestière. Pour les personnes physiques, la situation est comparable : la forêt avec sa spécificité fiscale et son statut de valeur refuge face aux aléas financiers redevient attractive. « Le rendement moyen des forêts gérées par la Société forestière a été de 6% ces dernières années, c’est bien supérieur aux actifs financiers », confirme Laurent Piermont. Et pour 2010 ? Le pronostic est difficile. L’évolution du cours du bois jouera un rôle important. Il est en baisse depuis deux ans, mais connaît une reprise depuis le début de l’année. Va-t-elle se poursuivre ? A cela s’ajoutent la demande en bois énergie et les nouvelles fonctions de la forêt comme le stockage du CO2 ou la valorisation de la biodiversité qui pourraient soutenir le marché.

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