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Foncier Le prix des terres agricoles baisse de 1,6% en 2009

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Le prix de terres agricoles a baissé de 1,6% en moyenne en 2009. Une première depuis 1995 qui s’explique par la chute des cours des matières premières agricoles et du bois en fin d’année 2007. A 5090 euros en moyenne, un hectare de terre agricole s’est quand même vendu en 2009, 3,9% plus cher qu’en 2007. Autre fait marquant : le renforcement de la présence des investisseurs non agricoles pour lesquels la terre est une valeur refuge face aux incertitudes de la bourse.

Le marché des terres agricoles s’est fortement fermé en 2009 avec une chute des transactions de 17,9% en surface et de 19,4% en valeur, a indiqué la Fédération nationale des sociétés d’aménagement foncier et d’établissement rural (FNSafer) vendredi 28 mai. Dans ce contexte, les prix se sont maintenus ne baissant que de 1,6% en moyenne. Il s’agit de la première baisse enregistrée depuis 1995. Vendu 5090 euros en moyenne, un hectare de terre non bâtie s’est quand même négocié en 2009, 3,9% plus cher qu’en 2007 du fait de la forte hausse enregistrée en 2008. Les prix des surfaces plantées en vignes sous appellation (+2,5%) et en forêt (+0,9%) ont mieux résisté. Le prix de terres agricoles non bâties payé par les agriculteurs (hors vignes et forêts) a lui baissé de 3,9% entre 2008 et 2009 passant de 5109 à 4910 euros par hectare.

L’artificialisation ralentit
Ce repli s’explique principalement par la chute du cours des matières premières sur les marchés mondiaux à partir du deuxième semestre 2007. Les terres agricoles les plus chères (supérieures à 6 000 €/ha) se situent dans les régions de grandes cultures du Bassin parisien et sur le pourtour du bassin méditerranéen (maraîchage, arboriculture). En France, le prix à l’hectare reste quand même 7,9% au dessus de celui de 2007, car les prix avaient fortement augmentés en 2008 (+12,3%) bénéficiant du cours élevé des matières premières agricoles et du bois en 2007.
Ailleurs en Europe aussi, un repli en 2009 est attendu après deux années de forte augmentation des prix des terres (sauf en Espagne où la baisse s’était faite sentir dès 2008). « La crise rattrape le marché rural », résume le président de la FNSafer, André Thévenot. Ce qui a au moins un effet positif : ralentir le processus d’artificialisation des sols. Pour la première fois depuis 1997, le taux de prélèvement d’espaces naturels a connu une baisse en 2009 (-0,006%). Le marché de l’urbanisation a en effet confirmé son recul amorcé en 2008 avec une baisse de plus de 20% des surfaces en 2009. « Mais le gaspillage des sols continue », tempère André Thévenot. Seuls les achats des collectivités se maintiennent et permettent de soutenir le marché.

Valeur refuge
« Les retournements de tendance s’expriment toujours dans un premier temps par une contraction du marché. La baisse de prix se fait généralement ressentir dans en second lieu », explique Robert Lévesque, directeur du département d’études de la FNSafer. Une analyse qui ne laisse rien augurer de bon pour l’année en cours. A moins que comme l’année dernière, le renforcement de la présence des personnes morales ne vienne soutenir le marché. En 2009, elles ont acheté 15% des surfaces (contre 10% en 2000) pour 30% de la valeur (contre 20% en 2000). Ce phénomène traduit à la fois la structuration en société des exploitations agricoles (EARL, GAEC…) mais c’est aussi un indice qui témoigne que la terre agricole est une valeur refuge pour des investisseurs non agricoles. Leur présence sur le marché des terres louées a notamment participé à la bonne tenue des prix qui ont gagné 1,1% (3910 euros/ha). Avec un rendement locatif brut de 3,4% en moyenne la terre reste une valeur sûre face aux soubresauts de la Bourse.

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