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Crise laitière Le prix du lait doit revenir dans le marché, selon la Fnil

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« Le prix du lait doit revenir dans le marché », écrit la Fnil dans un communiqué publié à la veille du Conseil agricole de Luxembourg. Aujourd’hui ce n’est pas le cas, déplorent les industriels qui mesurent la perte de compétitivité de leur amont comme de leurs propres entreprises au fur et à mesure que perdure la crise. Pour le président Picot, il n’est plus possible de rester plus longtemps « déconnecté de la réalité » et la régulation doit se faire en grande partie au niveau des contrats passés entre chaque laiterie et chacun de ses producteurs.

« Le prix du lait que paient les entreprises en France (292euros/1000 l)* s’inscrit parmi les prix les plus élevés d’Europe. Il est en particulier supérieur de 25% au prix payé en Allemagne, notre principal client et principal fournisseur, rappelle la Fnil. Il est beaucoup plus élevé que dans tous les pays du nord de l’Europe avec qui nous sommes en concurrence. »
« Les conséquences sont dévastatrices : à fin juillet, les importations de lait de consommation en France ont augmenté de + 44 %, celles de crème de + 36 %, celles d’emmental de +52 % soit l’équivalent de la production de 2 grandes usines ; à fin juin, les exportations françaises des produits laitiers sont en chute de 18 % en valeur. Cette situation ne peut pas perdurer sauf à causer des dommages irréversibles à l’ensemble de la filière ».
Pour Olivier Picot, président de la Fnil, les coups de pouce financiers que les Pouvoirs publics français et européens sont en train de donner aux producteurs sont peut-être bienvenus pour eux, mais ils ne vont pas changer cet état de fait des disparités de coûts entre transformateurs allemands et français. « La Fnil est pour une régulation européenne, c’est-à-dire un minimum d’intervention et, en cas de crise, des aides directes, nous indique son président, mais aussi et surtout, pour que, entre chaque entreprise et chaque éleveur, des contrats engagent les parties sur des volumes et des prix afin de réguler le marché localement ». Puisque l’on ne reverra pas, semble-t-il, des recommandations de prix faites par l’interprofession au niveau national, Olivier Picot ne pense pas que le parrainage de l’Etat changera grand-chose au développement de ces contrats.

(1) Moyenne janvier à août 2009, source : Commission européenne

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