Abonné

Le problème vu des Etats-Unis

- - 3 min

Sur le marché à terme de Chicago, les cours du blé ont atteint récemment leur niveau le plus élevé depuis dix ans, soit 5,24 dollars le boisseau. Cette évolution à la hausse pourrait se poursuivre, selon les experts. La sécheresse qui a sévi dans de nombreux pays producteurs, tels que les Etats-Unis, l’Argentine et l’Australie, ainsi qu’en Europe, en est la principale cause. En Ukraine, des invasions d’insectes ont causé de lourds dégâts. En Australie, dont 70 % de la production de blé sont exportés, la récolte pourrait n’atteindre cette année que la moitié des 24 millions de tonnes enregistrées l’an passé. La diminution des exportations australiennes affectera notamment le Japon, l’Indonésie, la Corée du Sud, qui sont leurs principaux acheteurs et qui se tournent dès lors vers d’autres sources d’approvisionnement. L’Australie figure traditionnellement parmi les trois principaux exportateurs mondiaux de blé. Aux Etats-Unis, les stocks de blé sont actuellement estimés à l’équivalent de …57 jours de demande globale et le niveau le plus bas des réserves comparées à la demande depuis plus de vingt ans.

La hausse des prix du blé ne peut évidemment manquer d’avoir des répercussions sur l’ensemble des cours des denrées agricoles, à commencer par le maïs dont il est un substitut possible (quand les cours sont bas) dans l’alimentation animale. Et cette hausse ne pourra que se trouver renforcée par le développement des nouvelles technologies de production de bio-carburants, qui est à base de blé pour l’essentiel et aussi de betterave.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

sécheresse
Suivi
Suivre

Peut-on rassurer les filières viandes ?

Aux Etats-Unis, la demande accrue de maïs pour la production d’éthanol commence à inspirer des inquiétudes dans les milieux de l’élevage, qui craignent qu’une augmentation du prix des céréales n’entraîne par ricochet celui des protéines alimentaires. C’est ainsi que le groupe Tyson, qui se classe au premier rang des producteurs mondiaux de protéines, laisse entendre que l’augmentation du prix du maïs – le maïs Argentine est passé de 105 à 165 dollars depuis mars dernier - se traduira pour le consommateur par une augmentation du prix de la viande de bœuf et de la volaille.

Une opinion inverse, on s’en doute, est exprimée par les défenseurs de l’éthanol : le groupe Archer Daniels Midland, qui domine le secteur de la production d’éthanol aux Etats-Unis, donne à entendre qu’une demande accrue de maïs pour le développement de cette production se traduira par une augmentation des surfaces cultivées et qu’il n’y aura donc pas de concurrence dans la demande entre les producteurs d’aliments du bétail et les producteurs d’éthanol.