Le projet de programme national de la forêt et du bois (PNFB) est mis à la consultation publique depuis le 17 octobre et pour vingt et un jours. Il doit fixer les orientations de la politique forestière, en forêt publique et privée, pour une période de dix ans. Il sera adopté par décret « d’ici la fin de l’année », précise le ministère de l’Agriculture.
Le projet de Programme national de la forêt et du bois (PNFB) est mis à la consultation du public pour une durée de vingt et un jours, selon un communiqué du ministère de l’Agriculture, le 17 octobre. Le PNFB détermine les orientations de la politique forestière, en forêt publique et privée, pour la période 2016-2026. Il fixe quatre objectifs : « créer de la valeur en France, en mobilisant durablement la ressource », « répondre aux attentes des citoyens et s’intégrer aux projets de territoires », « conjuguer atténuation et adaptation des forêts au changement climatique » et « développer des synergies entre forêt et industrie. » Le PFNB doit être adopté par décret « d’ici la fin de l’année ».
Optimiser la récolte
« La forêt française, en constante augmentation depuis un siècle, est actuellement sous-utilisée », lit-on dans le document de synthèse. Ainsi, le PFNB prévoit une augmentation de la récolte de 12 millions de m3 supplémentaires en dix ans. Cela correspond à une augmentation de 20 % de la récolte de bois, rapporte France Nature environnement, dans un communiqué, le 17 octobre. « Sans nier l’importance de l’économie, nous plaidons pour intégrer à part entière les composantes environnementales et sociales des forêts », développe l’association qui s’inquiète d’autres mesures phares du PNFB comme « favoriser les plantations de résineux, de couper les arbres plus souvent et plus jeunes, de créer des routes en forêts pour faciliter l’exploitation… » Néanmoins, selon le document de synthèse du PNFB, « cette augmentation de la récolte conduirait à un taux de prélèvement de 65 % de l’accroissement biologique. »
Stratégie de renouvellement
Par ailleurs, « le renouvellement (des forêts) devra tenir compte des conséquences attendues du changement climatique ». Néanmoins, la pertinence des différentes stratégies adaptatives « fait encore débat », lit-on dans le document. Dans un contexte changeant, la solution unique n’existe pas et les orientations sylvicoles devront être aussi diversifiées. Outre le changement climatique, le reboisement doit tenir compte des besoins exprimés. « Le marché du bois d’œuvre de feuillus est […] en baisse alors que la demande en bois d’œuvre de résineux est toujours plus vive », analysent les professionnels. Paradoxalement, la forêt de feuillus représente plus de 70 % de la forêt française. Le PNFB recommande donc d’évoluer progressivement vers des essences que le marché demande, à savoir du résineux.
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Cibler les propriétaires
« D’après le cadastre, on dénombre 3,3 millions de propriétaires forestiers privés », selon le projet de PFNB qui recommande de cibler les efforts. Ainsi, l’action de l’État se concentrera sur les 380 000 propriétaires disposant d’au moins 4 hectares (soit 76 % de la forêt privée). Ils seront accompagnés par le CNPF (Centre national des propriétaires forestiers) pour gérer leurs forêts. Pour les propriétaires ayant moins de 4 hectares, « ils seront systématiquement invités à créer ou rejoindre des structures de groupement et de gestion collective ».
Des lacunes en matière de biodiversité ?
En termes de biodiversité, le PNFB 2016-2026 se fixe pour objectif d’améliorer le socle de connaissances ou encore de préserver la biodiversité. Par exemple, il s’agit d’augmenter les recherches sur les pratiques sylvicoles intégrant la préservation de la biodiversité à l’échelle de la propriété et/ou du massif forestier ou encore sur l’impact du grand gibier sur la biodiversité. FNE s’inquiète des lacunes en matière de biodiversité du PFNB. Julie Marsaud, coordinatrice forêt de FNE, ajoute : « Les études s’accumulent sur le lien étroit entre biodiversité et productivité des forêts. Nous avions proposé que le PNFB s’engage en ce sens, la consultation publique peut encore faire bouger les lignes et nous invitons chacun à s’exprimer sur l’avenir des forêts. »
L’action de l’Etat se concentrera sur les 380 000 propriétaires forestiers disposant d’au moins 4 hectares.