Le conseil général du Tarn a voté, le 6 mars, le projet réduit de la retenue d'eau de Sivens. La FNSEA et le gouvernement ont salué la décision du conseil général du Tarn, alors que les Verts alertent : cette décision « ne règle rien ».
Le conseil général du Tarn s'est prononcé, le 6 mars, pour le projet de retenue de Sivens, mais de taille réduite par rapport au projet initial. Le conseil a voté par 43 voix contre 3. Il a également exigé « l'expulsion sans délai des zadistes qui occupent le site », pour certains depuis 18 mois. Thierry Carcenac, président du conseil général, a déclaré dès l'ouverture de la séance que le conseil général acceptait de « redimensionner le projet initial », un projet considéré comme surdimensionné même par la ministre de l'Ecologie, Ségolène Royal. Le projet passerait donc du stockage de 1,5 million de mètres cubes à 750 000 mètres cubes. La quarantaine de zadistes qui occupent le site, comme les 200 agriculteurs de la FNSEA qui les assiègent depuis une semaine, ont été expulsés dans la soirée du 6 mars et ont cherché, vainement, un point de chute dans la ville proche de Gaillac. L'annonce du projet de barrage a suscité les réactions satisfaites du monde agricole. Ainsi, la FNSEA a salué, dans un communiqué de presse du 6 mars, « le courage de l'assemblée départementale, dans un contexte tendu ». Les tensions entre pro et anti-barrages sont récurrentes. « Après 20 ans de procédures, un drame, des mois d'occupation, une nouvelle décision a été prise démocratiquement par le conseil général du Tarn : il prévoit un projet de moindre importance (750 000 m3 ) et situé à 300 m du site initial, et qui tient compte des besoins en eau pour l'agriculture, le tourisme et l'étiage des cours d'eau », souligne la FNSEA. Elle « veut le respect de la loi, l'évacuation des zadistes et le début des travaux sans délai », tout en faisant « confiance aux institutions » et en appelant « au calme ».
Sécuriser les apports en eau
Après la FNSEA, c'est au tour de Ségolène Royal, ministre de l'Ecologie, et de Stéphane Le Foll, inistre de l'Agriculture de « saluer » la délibération du conseil général du Tarn sur le devenir u projet de barrage de Sivens, selon un communiqué de presse du 6 mars. « Tout en respectant 'ensemble des critères de protection environnementale », la solution choisie « sécurisera les pports en eau nécessaires pour des productions agricoles à forte valeur ajoutée et génératrices 'emploi local, le renforcement des circuits de proximité, et le maintien d'exploitations de taille amiliale », souligne le communiqué. Le conseil général a donc décidé de « s'orienter vers une des ptions alternatives préconisées dans le rapport d'expertise rendu à la ministre en charge de 'écologie le 16 janvier 2015 », soit « la réalisation d'un réservoir dans l'emprise initiale, plus éduit » et en amont. « L'État accompagnera le maître d'ouvrage, financièrement et techniquement, ans la réalisation de ce projet alternatif. Le gouvernement appelle l'ensemble des acteurs à especter la décision du maître d'ouvrage, les invitant à l'apaisement et à la responsabilité », onclut le communiqué.
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Les anti-barrages sont sceptiques
« Le choix du conseil général d'un projet redimensionné ne règle rien sur le fond. En l'absence d'études complémentaires, rien ne dit que les doutes juridiques sur le respect de l'environnement seront levés », remarque Europe Ecologie-Les Verts dans un communiqué du 6 mars. Pour autant, le parti se « félicite de l'abandon définitif du projet de barrage initial [...] Ce projet contesté était une menace pour le site naturel de la zone humide du Testet et n'était pas conforme à la réglementation, ce qui a été confirmé par un rapport d'experts et par la Commission européenne qui a attaqué la France pour non-respect de ses directives environnementales mais aussi par la ministre de l'Environnement. » Cependant pour « les écologistes, il n'était pas nécessaire de prendre une décision sur le futur projet avant les élections départementales ». La Confédération paysanne du Tarn, elle, explique que ce projet a été voté dans l'optique des départementales (1).
(1) voir l'article, dans ce numéro, en rubrique événement «Sivens sème la confusion avant les cantonales»