Les entreprises laitières de l'UE et celles du secteur des fruits et légumes de l'UE réservent un accueil mitigé à la proposition de la Commission européenne révisant les régimes d'aide à la distribution de produits agricoles dans les écoles. Les premières s'inquiètent de la priorité qui serait donnée au seul lait de consommation, tandis que les secondes critiquent la fusion des programmes actuels portant sur le lait et sur les fruits et légumes.
L'ASSOCIATION européenne des entreprises laitières (EDA) juge favorablement la proposition de la Commission de Bruxelles visant notamment à unifier les dispositions financières des programmes communautaires de soutien à la distribution de fruits et légumes et de lait dans les écoles, ce qui, selon elle, permettra une « importante simplification administrative » (1). En revanche, elle s'inquiète de la priorité donnée dans ce projet au seul lait de consommation et non pas à d'autres produits du secteur comme le fromage et les yaourts.
Pour sa part, l'Association européenne des produits frais (Freshfel), de même que l'Alliance européenne pour la santé publique (Epha), juge prématurée la fusion des deux programmes et appelle le Conseil de l'UE et le Parlement européen à « défendre l'identité et les objectifs de régime de distribution de fruits à l'école ».
Prendre en compte les habitudes alimentairesLa Commission européenne propose « d'axer la distribution de produits dans les écoles sur deux produits phares : les fruits et légumes frais (dont la banane), d'une part, et le lait de consommation, uniquement, d'autre part, la teneur en matière grasse du lait de consommation étant à fixer par les autorités sanitaires nationales ». Les États membres « pourraient toutefois inclure un plus large choix de produits agricoles dans les mesures éducatives thématiques ».
« Nous croyons que le fait d'exclure des produits laitiers comme le fromage et les yaourts du cadre général soulèvera des inquiétudes dans plusieurs États membres, avertit le secrétaire général de l'EDA, Alexander Anton. Dans certains pays, les produits laitiers sont essentiellement consommés sous la forme de fromage et de yaourt, également au niveau scolaire. Ce sont des habitudes alimentaires basées sur la culture locale qui sont difficiles à changer. C'est regrettable que la Commission n'ait pas pris cela en compte ».
RÉAGISSANT à la proposition de la Commission européenne révisant les régime d'aide à la distribution de produits agricoles dans les écoles, l'Association européenne du commerce des pommes de terre (Europatat) est particulièrement satisfaite de l'accent mis sur les mesures éducatives qui deviendraient éligibles au soutien de l'UE, telles que les initiatives « Cultivez vous-même » qui incluent la pomme de terre.
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Selon l'association, plusieurs actions de ce type sont en cours dans les écoles de l'UE, et la pomme de terre est devenue depuis « une culture populaire pour de nombreux enfants ».
Pour leur part, Freshfel et l'Epha considèrent que, compte tenu des adaptations qui doivent encore être apportées au régime de distribution de fruits dans les écoles dans le cadre de la réforme de la Pac, à savoir l'augmentation du budget et de nouveaux aspects en matière de cofinancement, « toute modification de ce régime devrait être mise en attente jusqu'à ce que les améliorations en cours soient en application, confirmées et vérifiées ».
Les deux organisations se félicitent en revanche que la Commission ait pris en compte « l'efficacité » des mesures éducatives.
(1) Voir n° 3433 du 03/02/14