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Loi environnementale Le projet de loi «Transition énergétique » manque d'ambition selon FNE

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Le 1er octobre, le projet de loi pour la transition énergétique est entré dans l'hémicycle de l'Assemblée nationale pour être débattu par les députés. Quelques heures avant le début des discussions, France Nature environnement manifestait pour souligner le manque d'ambition du projet.

U NE cinquantaine de membres de FNE (France Nature environnement) ont manifesté à côté de l'Assemblée nationale à Paris, le 1er octobre, pour rappeler que le projet de loi sur la transition énergétique « manque d'ambition » selon eux. Le même jour, les débats autour du projet devaient commencer dans l'hémicycle de l'Assemblée nationale. « Il a besoin de mesures concrètes », affirme Denez L'Hostis, président de FNE. Sur la méthanisation, FNE reste « extrêmement vigilant » malgré l'opposition affichée de Stéphane Le Foll, ministre de l'Agriculture, et de Ségolène Royal, ministre de l'Ecologie, envers les cultures dédiées pour la production d'énergie. « Nous ne sommes pas opposés au biométhane, mais il ne faut pas que cela devienne un objectif lié à l'agriculture intensive », insiste Denez L'Hostis, en comparant avec la production de biogaz outre-Rhin. Autre point de vigilance : les agrocarburants de seconde génération (1). FNE propose qu'une évaluation de l'impact environnemental de ces agrocarburants promus dans la loi soit réalisée. « Nous ne devons pas tomber dans le même piège que les agrocarburants de première génération », appuie FNE. Les agrocarburants de 1ère génération ont beaucoup fait parler d'eux à cause de la concurrence qu'ils portent aux terres destinées à produire de l'alimentation. Pour ceux de la seconde génération, il s'agit de vérifier qu'ils ne portent pas concurrence aux usages des résidus de cultures et des déchets agricoles. Par exemple, la paille peut être utilisée pour la litière des animaux. Par ailleurs, le groupe environnemental a aussi proposé un amendement visant à évaluer l'énergie utilisée tout au long de la filière alimentaire. « L'énergie utilisée pour les aliments est gâchée, si les aliments sont mis à la poubelle », déplore FNE se référant au gaspillage alimentaire. Pour rappel, le projet de loi fixe pour objectif une réduction de 50% de la consommation d'énergie d'ici 2050. Et l'objectif est que tous les secteurs participent à cette économie.

Combat idéologique

« Trop de normes tue la norme. Le projet de loi que je vous présente met à la portée de chaque acteur les outils permettant de participer à la croissance verte. Il faut libérer les énergies », a déclaré Ségolène Royal aux députés. Ce discours, FNE a du mal à l'accepter. « Libérez-nous des boulets de l'énergie », affichaient plutôt les T-shirts des manifestants. Est mis en cause le poids des lobbys du monde de l'énergie (Areva, EDF, ERDF, Total) dans l'élaboration du projet de loi. « Nous sommes ici pour interpeller les parlementaires pour qu'ils défendent l'intérêt général à cor et à cri car ils sont le seul barrage face aux intérêts privés », a déclaré Benoît Hartmann, porte-parole de FNE. Quant à la ministre, elle a rappelé devant les parlementaires qu'elle ne souhaitait pas opposer l'une ou l'autre des énergies : « Il faut arriver à les faire cohabiter : nucléaire, énergies renouvelables… ». Les discussions en séance publique à l'Assemblée nationale doivent se poursuivre les 6, 7, 8, 10 et 14 octobre prochain.

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(1) Les agrocarburants de 2e génération sont obtenus à partir des parties non comestibles des plantes et des déchets agricoles.