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Loi sur l’eau Le projet de Roselyne Bachelot ne satisfait aucun syndicat agricole

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Les organisations agricoles majoritaires regrettent la logique de « contrainte » des propositions formulées par la ministre de l’Ecologie ; la Confédération paysanne dénonce une option libérale ; le Modef villipende la redevance sur l’azote.

Les organisations agricoles majoritaires (FNSEA, JA, Coop de France, APCA, CNMCCA) contestent de manière générale « le recours systématique aux mesures obligatoires et contraignantes, qui sont dépourvues de toute vertu pédagogique ». Dans un communiqué commun, les OPA dénoncent le projet de redevance sur l’azote « qui va renchérir les coûts de produits agricoles », et s’étonnent du nombre important de restrictions envisagées concernant la création de nouvelles ressources en eau. Les producteurs de maïs (AGPM) préfèrent, eux, ne retenir que les déclarations positives de Roselyne Bachelot expliquant qu’elle «  n’a aucun a priori contre la création de ressources nouvelles ». Dans une lettre ouverte à Jacques Chirac, l’AGPM regrette que 3% seulement de l’eau de pluie soit utilisée en France et appelle le gouvernement une politique ambitieuse de devéloppement des retenues d’eau. De manière générale, les organisations majoritaires déplorent que le montant de la taxe sur les phytosanitaires (TGAP) ne soit pas affectée au budget des agences de l’eau, mais estiment que Roselyne Bachelot « a pris la mesure des inquiétudes des agriculteurs » en acceptant de créer un fonds de garantie pour l’épandage des boues.

La Coordination rurale reçue par Bachelot

La Confédération paysanne dénonce de son côté « l’option libérale » du projet de loi, « très conciliante à l’égard des pratiques productivistes qui confisquent abusivement la ressource en eau et polluent dramatiquement certaines régions ». La redevance sur l’azote est qualifiée de « taxe aveugle » par la confédération. En matière de prélèvement d’eau, le projet de R. Bachelot « fait de la gestion privée la règle, et le contrôle public l’exception ». Le Modef s’oppose quant à lui à la redevance azote qui serait « un droit à polluer pour l’agriculture industrielle ». « Une taxe de plus dans le contexte présent, d’une année 2003 calamiteuse n’est pas la réponse à la crise porcine, à la cessation de l’élevage avicole, à la prise en compte de l’environnement par les petits et moyens exploitants » ajoute le Modef.

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Chambres d'agriculture France
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La Coordination rurale ne commente pas dans les détails le projet de Roselyne Bachelot. Ayant été reçu le 17 décembre au soir par la ministre, le président du syndicat, François Lucas, préfère souligner «  l’entretien très cordial » et «  l’oreille attentive » offerte par Roselyne Bachelot sur nombre de sujets (azote, phytosanitaires, irrigation, OGM, agriculture raisonnée...). La ministre se serait déclarée disposée à ouvrir un débat scientifique objectif sur le dossier « nitrate », et aurait assuré à François Lucas que «  la concertation avec la profession agricole sur le projet de loi sur l’eau commence maintenant »;