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Le projet Lemna explore le potentiel de la lentille d’eau

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Les cofondateur de Lemna : Bastien Hermen, Louis Manceron et Raphaël Germain. Crédits : © Lemna

La lentille d’eau cultivée en environnement contrôlé peut être une source de protéine et de molécules d’intérêt à condition de trouver le mode de culture le plus efficace d’un point de vue économique et environnemental. C’est ce que cherche à prouver le projet Lemna accompagné par le Genopole d’Evry.

Peu de chercheurs s’intéressent à la lentille d’eau en France. Pourtant cette plante très commune dans nos étangs et marres - pas seulement en France – présente de nombreux avantages. « La lentille d’eau se multiplie à très grande vitesse puisqu’elle peut doubler son volume de biomasse en 24 à 48 heures du moment qu’elle se développe dans de bonnes conditions », explique Bastien Hermen, à l’origine du projet Lemna aux côtés de Louis Manceron et Raphaël Germain. 

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Et c’est justement l’enjeu du projet animés par les trois ingénieurs : identifier de mode de culture le plus adapté. « Nous testons plusieurs solutions en lien avec l’hydroponie pour identifier la solution la plus efficace d’un point de vue environnemental et économique », indique Bastien Hermen. L’hydroponie présente l’avantage de faire pousser les plantes dans une eau enrichie, en milieu contrôlé, mais elle peut se révéler gourmande en énergie. Une solution pourrait être de coupler la culture en hydroponie avec de l’aquaculture.

Forte teneur en protéines

Une fois arrivées à maturité, les lentilles sont ensuite récoltées, puis séchées et transformées afin d’obtenir une protéine. « Le rendement est très intéressant puisque nous obtenons une taux de protéine sur matière sèche de l’ordre de 30 à 45% », souligne Bastien Hermen. « Quant au coproduit qui résulte de cette transformation, il peut être une source des molécules d’intérêt pour l’industrie agroalimentaire ou cosmétique », poursuit-il.

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« Nous avons mis au point plusieurs dispositifs fonctionnels qu’il faut désormais faire passer à l’échelle », selon Bastein Hermen, sachant qu’il faut encore aboutir à une preuve de concept intégrant le volet économique de cette production d’ingrédients. Une fois ces éléments validés, le projet pourra déboucher sur une création de société, prévue fin 2024. 

L’équipe peut s’appuyer, pour le volet entrepreneurial, sur l’accompagnement du programme Shaker du Genopole d’Evry, dont Lemna a été lauréat début avril 2024. Pour l’extraction, Lemna utiliser la halle technique du Food’Innlab d’AgroParisTech à Saclay. 

L’objectif des porteurs du projet et d’aboutir à un ingrédient prêt à être proposé à des industriels afin de pouvoir lancer un processus de levée de fonds auprès des financeurs publics et des fonds d’investissement.