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Le rapport sur le Nutri-Score prêt d’ici la fin du printemps

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Le rapport sur l'utilisation des systèmes simplifiés d’étiquetage nutritionnel au sein de l’UE devrait être adopté au deuxième trimestre 2020 dans le cadre de la stratégie européenne « de la ferme à la table ». C’est la réponse de la Commission européenne à un eurodéputé italien qui s’inquiète de « l'impact négatif que le Nutri-Score français » pourrait entraîner pour la consommation et les exportations agroalimentaires typiques italiennes.

« La Commission européenne a-t-elle déjà évalué l'impact négatif que le Nutri-Score français pourrait avoir sur l'économie européenne, en particulier en Italie, étant donné que cet étiquetage entraînera inévitablement une baisse de la consommation, de la production et des exportations agroalimentaires ? » C’est la question qu’a posée à la Commission européenne Gianantonio Da Re, eurodéputé italien membre de la Ligue du nord (le parti d’extrême-droite de Matteo Salvini). Pour le député italien, le système des couleurs du Nutri-Score constitue « une simplification extrême de l'étiquetage qui pourrait être préjudiciable à plusieurs produits, notamment italiens, en les identifiant à tort comme nocifs, quelles que soient les quantités consommées ». Ce système, selon lui, stigmatiserait en particulier plusieurs produits « Made in Italy », tels que l'huile d'olive, le gorgonzola, le jambon cru ou encore les fromages Parmigiano Reggiano et Pecorino Romano. Aux yeux de cet eurodéputé, le système d’étiquetage simplifié du Nutri-Score est « non seulement injuste, mais aussi trompeur pour les consommateurs ».

Dans sa réponse, la commissaire européenne en charge de la santé et de la sécurité alimentaire, Stella Kyriakides, a précisé que la réglementation communautaire sur l’étiquetage exige notamment que « les informations sur les denrées alimentaires ne doivent pas induire le consommateur en erreur et ne doivent pas être ambiguës ou prêter à confusion pour le consommateur ». Elle a indiqué que la Commission a déjà évalué la conformité du Nutri-Score avec la législation communautaire dans le cadre des notifications des mesures nationales introduites en particulier par la France et par la Belgique. Et suite à ces notifications, la Commission a également formulé des observations « sur le suivi de l'utilisation du logo et sur les rapports relatifs aux effets du système Nutri-Score ». La commissaire chypriote a aussi rappelé que le règlement 1169/2011 (relatif à l’information des consommateurs sur les denrées alimentaires) impose à la Commission de présenter un rapport sur « l'utilisation de formes d'expression et de présentation supplémentaires, sur leurs effets sur le marché intérieur et sur l'opportunité d'une harmonisation plus poussée dans ce domaine ». Le dit rapport, a-t-elle souligné, portera également sur « d'autres systèmes visant à fournir des informations nutritionnelles sur le devant de l'emballage ». La commissaire a annoncé que ce rapport devrait être adopté au cours du deuxième trimestre 2020 dans le cadre de la stratégie européenne dite « de la ferme à la table ». Ses conclusions serviront, a-t-elle encore précisé, « à alimenter le débat ultérieur sur la manière d'améliorer l'information des consommateurs sur la valeur nutritionnelle des aliments ».

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De vifs débats continuent d’avoir lieu dans plusieurs pays européens autour du choix de leur logo nutritionnel, parallèlement aux discussions qui ont lieu au sein des institutions européennes. Plusieurs oppositions se sont manifestées lors de ces débats contre le Nutri-Score, recommandé en France depuis 2017. L’Italie en particulier, mais également d’autres États membres du pourtour méditerranéen se sont élevés contre ce système simplifié d’étiquetage, craignant qu'il ne nuise aux denrées traditionnelles de cette région telles que l’huile d’olive ou les fromages traditionnels. D’autres pays préfèrent promouvoir leur propre outil, comme par exemple le Royaume-uni et son système des Traffic Lights, plus favorable aux multinationales et moins sensible à la teneur en sucre des produits mesurés. Sans parler des États membres de l’est de l’UE qui, eux, se montrent moins intéressés aux questions de qualité nutritionnelle. Tous ces pays ne veulent pas entendre parler d’un système d’étiquetage nutritionnel simplifié et encore moins obligatoire.

En revanche, du côté des partisans du système d’étiquetage français, on retrouve la Belgique, l’Allemagne, les Pays-Bas, Belgique, l’Espagne et la Suisse et peut-être bientôt le Luxembourg. De nombreuses marques – et non des moindres – de la grande distribution et de l’agroalimentaire ont déjà décidé d’adopter le Nutri-Score, sur une base volontaire, parmi lesquels Danone, Fleury-Michon, Bonduelle et récemment Nestlé, Carrefour ou encore Mars, mais aussi les distributeurs comme Leclerc, Casino, Auchan ou encore Intermarché. Par ailleurs, une initiative citoyenne européenne (ICE), ayant pour objet d’imposer l’étiquetage simplifié Nutri-Score sur les produits alimentaires, "pour garantir une information nutritionnelle de qualité aux consommateurs européens et protéger leur santé », a été déposée le 8 mai 2019 et a recueilli à ce jour 100 530 signatures sur le million nécessaire (dans au moins sept États membres) pour obliger la Commission européenne à réviser le règlement 1169/2011 (Information des consommateurs sur les denrées alimentaires) et tenter de rendre obligatoire le Nutri-Score.