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Le réchauffement climatique induira une augmentation de la biomasse des prairies

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Le réchauffement climatique va provoquer des modifications dans la gestion de la récolte des fourrages et des stocks dans les exploitations d’élevage herbivore. Si dans les berceaux d’élevage, la production d’herbe sera plus précoce, elle s’arrêtera, aussi, plus tôt.

Le réchauffement climatique avec l’élévation de températures provoquera une augmentation de 30 % de la production des prairies, estime Pascal Carrère, directeur de l’unité de recherche Inra sur l’écosystème prairial. Lors d’une conférence au Sommet de l’élevage, le 6 octobre, organisée par Agrovergne, il a précisé les éléments positifs du changement climatique notamment sur les prairies d’altitude. À l’inverse, les prairies du sud de la France seront beaucoup moins productrices. « Les éleveurs vont avoir à gérer » différemment la récolte des fourrages, estime-t-il, avec « un démarrage de la saison plus rapide (10 jours d’avance) et une production plus importante de biomasse au printemps (+30 %) avec, par contre, un arrêt brutal de la croissance de l’herbe en été ». Cette biomasse supplémentaire « permettra juste de compenser le déficit de l’été », analyse-t-il. Pour lui, il va falloir gérer mieux les stocks de fourrage quitte à en prévoir de plus grandes quantités. Michel Lherm, ingénieur de recherche à l’unité de recherche sur les herbivores à l’Inra, le rejoint. Il donne les résultats d’une étude montrant qu'« au-delà de 20 % de baisse des quantités d’herbe stockées, les performances économiques de l’exploitation décrochent ». Il cite l’exemple de 2003 où près de 40 % de la récolte de fourrage était manquante.

Eleveurs et animaux s’adapteront

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Si les éleveurs et les animaux s’adaptent (perte de poids des bovins appelé « effet accordéon », moindre gaspillage des fourrages, utilisation accrue des surfaces pastorales…), il insiste sur l’imprévisibilité à venir de ces événements climatiques. En 2003, le fonds de calamité agricole avait en moyenne couvert 50 % des pertes des éleveurs. Pascal Carrère prévient que des « risques de remontée d’espèce de plantes invasives, avec une valeur alimentaire médiocre » sont aussi à envisager et rappelle combien les prairies sont d’excellents puits de carbone. Michel Lherm a présenté les limites physiques des bovins, plus sensible à la chaleur qu’au froid. Face à une hausse des températures, une chute de la reproduction et de la production ainsi qu’une perte de poids sont à attendre. Le comportement des bovins change aussi avec plus de déplacements, la recherche d’ombre ou encore une moindre digestion des fourrages. De fait, une adaptation technique des élevages serait alors à envisager : diminution de la densité d’animaux, brumisation, ombre, fractionnement des rations, évacuation plus fréquente des lisiers…

ED