La préparation de la nouvelle prime à l’herbe pour 2007-2013 suscite les inquiétudes des éleveurs. Objets des craintes : le montant (260 millions d’euros) de l’enveloppe proposée par l’Etat et le cahier des charges actuellement en négociation à Bruxelles.
Le remplacement de la Prime herbagère agri-environnementale (PHAE) est en pleine discussion. Le ministre de l’Agriculture Dominique Bussereau avait annoncé en mai que la nouvelle prime à l’herbe pour 2007-2013 serait désormais financée à 100 % par l’Etat. Mais l’enveloppe proposée, de 260 millions d’euros, suscite l’inquiétude. Pour les éleveurs, « le compte n’y est pas ». « L’enveloppe est mal calibrée. Nous avons demandé au ministère de refaire ses calculs », déclare Patrick Bénézit, coordonnateur des éleveurs de races à viande du grand Massif central. Dans une lettre adressée à Dominique Bussereau le 29 août, le président de la FNSEA, Jean-Michel Lemétayer demandait de conserver « le montant et plafond de 76 euros/ha sur 100 hectares ». Selon Patrick Bénézit, actuellement 4 300 000 hectares pour plus de 66 000 élevages bénéficient de la PHAE. « C’est donc une enveloppe de 330 millions d’euros qui est nécessaire », estime-t-il. « Le problème vient des CTE herbagers qui n’auraient pas été intitulés comme tels et non pris en compte dans le calcul de l’enveloppe pour la future prime à l’herbe », explique-t-il. Officiellement, les tractations entre le ministère et les éleveurs sur le montant global du budget prime à l’herbe sont toujours en cours. Patrick Bénézit espère obtenir une enveloppe abondée avant la fin de l’automne.
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Taux de chargement à 1,4
Le cahier des charges de la prime qui remplacera la PHAE suscite également les craintes des éleveurs. Avec un budget pour cette prime plus restreint qu’auparavant, le ministère voulait, semble-t-il, imposer des conditions d’octroi plus restrictive, notamment au niveau des chargements. Le taux de chargement devait être inférieur à 1,4 UGB/ha pour bénéficier de la prime. Mais le dispositif proposé par la France à Bruxelles, prévoit, selon Patrick Bénézit, des dérogations pour les exploitations dont le taux de chargement est compris entre 1,4 UGB et 1,8 UGB. Tout va se jouer désormais à Bruxelles. « Les propositions françaises négociées avec la FNSEA et les JA peuvent ne pas être acceptées à Bruxelles. Cela risquerait d’exclure de nombreuses exploitations du dispositif prime à l’herbe », déplore Patrick Bénézit. La réponse sur ce point, comme sur le montant global alloué à la prime, devrait intervenir avant à la fin de l’automne.