Le 23 février s’est tenue l’assemblée générale de la fédération des coopératives d’utilisation de matériels agricoles (Cuma) de l’Ouest. Cette dernière intègre deux nouveaux départements et se fixe des objectifs en lien avec la mutation de l’agriculture : plus de professionnalisme, de services et de mutualisation.
Lors de son assemblée générale, le 23 février, Jean-Luc Bousier, président de la Fédération régionale des coopératives d’utilisation de matériels agricoles (Cuma) de l’Ouest, annonçait l’entrée des Cuma de l’Eure et de la Seine-Maritime dans la fédération. Le jour même, Stéphane Gérard, président de la fédération nationale des Cuma, évoquait la réorganisation au 1er juin prochain du réseau national en quatre grandes régions au lieu de cinq. « Les pôles de coordination et d’animation (PCA) se transforment en comité de pilotage. Chaque grande région suivra un contrat d’objectif », explique Stéphane Gérard. Cela induit un fonctionnement allégé des structures. « Cela n’est pas un gros changement en soi, sur le plan politique et financier. Par contre, cela nous permettra de retrouver plus de fluidité », constate Stéphane Gérard. Cette première carte des régions datait de 2007. « Nous avions à l’époque voulu anticiper sur la réforme territoriale », explique-t-il.
Trois axes de travail pour la FR Cuma de l’Ouest
Jean-Luc Bousier revient sur la stratégie de sa fédération, une fédération « moteur du réseau national », selon Stéphane Gérard et qui bouleverserait parfois quelque peu la fédération nationale. Dans un contexte de « mutation de l’agriculture française », il s’agit « d’enclencher un tournant pour les Cuma », observe Jean-Luc Bousier. Il évoque trois axes de progrès. Tout d’abord, la professionnalisation du fonctionnement des Cuma avec une amélioration de leur gouvernance. « À l’Ouest, une Cuma moyenne c’est 100 000 € de chiffre d’affaires, aussi les responsables doivent monter en compétences », justifie-t-il. Les Cuma doivent aussi s’orienter vers plus « de flexibilité, de souplesse » et plus de services, surtout dans un contexte où les exploitants n’ont pas de lisibilité sur les six mois à venir. Et pour finir, le président évoque le maillage des Cuma sur le territoire. « Elles doivent apprendre à se parler entre elles pour collaborer », voire échanger le matériel, affirme-t-il. D’après lui, le modèle coopératif attire à nouveau : « Les gens reviennent vers les Cuma, notamment les jeunes ». Il garde pourtant la tête froide car le phénomène est connu en période de crise.
Le tracteur, un tiers des charges de mécanisation
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Jean-Luc Bousier s’interroge cependant sur la stratégie des exploitations concernant le machinisme : « Le tracteur a lui tout seul, c’est un tiers des charges de mécanisation. La traction est un enjeu considérable car c’est 10 à 15 % des charges totales d’une exploitation. Et pourtant dans les Cuma, le tracteur est peu représenté. […] Souvent, il n’y a pas besoin de tant de puissance sur l’exploitation ». Déléguer à la Cuma, c’est une meilleure maîtrise des charges de mécanisation et surtout du temps libéré pour une autre activité. « Le grossissement des machines nous fait perdre de vue des choses fondamentales », analyse-t-il. De son côté, Antoine Debris, président de la fédération des Cuma de Seine-Maritime note que la puissance du matériel est liée aussi à la diminution des fenêtres météo de travail. « Les machines sont de plus en plus sophistiquées. Former un agriculteur pour une journée d’utilisation, cela devient impossible. Les moyens humains sont limités sur les exploitations. Il y a vraiment un tournant qui se profile dans les dix ans à venir », constate-t-il également. Des sujets qui devraient revenir sur le tapis lors du congrès national des Cuma les 24, 25 et 26 mai prochain à Angers.
Crise agricole : multiplication des impayés pour les Cuma de l’Ouest
« Oui, nous avons affaire à des impayés de plus en plus importants », annonce Jean-Luc Boursier, président de la Fédération régionale des coopératives d’utilisation de matériels agricoles (Cuma) de l’Ouest, le 23 février lors de son assemblée générale. « Il y a une très nette montée en puissance de ces impayés. Avant nous avions une multitude de petits impayés. Là, on commence à être confronté à de gros impayés, de grosses structures, qui représentent un chiffre d’affaires important pour la Cuma », s’alarme-t-il. « Nous ne pouvons pas laisser mourir une Cuma de ces impayés. C’est un sujet compliqué car se mêlent des enjeux sociaux et de proximité, en plus de l’enjeu économique ». Au sujet de la diminution du nombre d’agriculteurs, il s’exclame : « Il n’y aura bientôt plus assez d’agriculteurs pour remplir les conseils d’administration des organismes professionnels agricoles », d’où l’importance de partenariats entre eux.