La Confédération paysanne, ardente partisane du « non » au référendum, s’est félicitée des 70 % d’agriculteurs, selon Ipsos, ayant rejeté le traité constitutionnel. Selon ses deux porte-parole, Jean-Emile Sanchez et Brigitte Allain, « ce résultat modifie le paysage syndical agricole français ». Fort de ce résultat, le syndicat appelle le gouvernement à « remettre à plat la mise en œuvre française de la Pac et le projet de loi d’orientation agricole ».
« Notre message est de plus en plus partagé et compris par le monde paysan », a déclaré Jean-Emile Sanchez, porte-parole de la Confédération paysanne le 1er juin, suite au résultat du référendum sur le traité constitutionnel européen. « La Confédération s’est engagée très tôt dans la campagne pour le “non” pour dénoncer le libéralisme du traité », estime de son côté Brigitte Allain, qui ajoute que « ce non massif est pour une Europe plus sociale et plus solidaire».
« Un paysage syndical agricole modifié »
Pour José Bové, très présent dans la campagne du « non », le vote agricole (70 % des agriculteurs ont rejeté le traité, selon Ipsos) résulte en grande partie « du rôle pivot joué par la Confédération paysanne». L’ancien leader du syndicat souligne que la Confédération, « très fortement engagée dans la campagne, avec des associations ou des partis politiques, a largement contribué à la victoire non». Mais derrière cela, le syndicat se sent en réalité conforté auprès du monde paysan, alors que Jean-Michel Lemétayer, président de la FNSEA, Luc Guyau, président de l’APCA et les principaux ténors du syndicalisme majoritaire avaient appelé à voter « oui ». « Il y a désormais une situation de complet décalage entre les agriculteurs et le syndicalisme dit majoritaire», clame Jean-Emile Sanchez. Pour Brigitte Allain, « l a FNSEA s’est complètement défaussée, elle n’a pas du tout représenté les paysans dans ce débat». « Le résultat du référendum a modifié ouvertement le paysage syndical agricole français», ajoute Jean-Emile Sanchez.
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« Une remise à plat de la Pac »
S’estimant donc largement contributrice du résultat du 29 mai, du moins au niveau agricole, le syndicat demande au gouvernement « l a convocation d’Etats généraux de l’agriculture en France pour définir une autre politique agricole et une autre loi d’orientation». Jean-Emile Sanchez souhaite que Jacques Chirac soit « l’artisan d’une remise à plat de la réforme de la Pac» lors du prochain sommet européen des chefs d’Etat et de gouvernement, les 15 et 16 juin. Pour Brigitte Allain, « l a France doit revenir sur son choix des bases historiques pour le calcul des droits à paiement unique (DPU). Il faut une mutualisation des aides, correspondant aux aspirations du monde paysan ». Sans un « vrai changement de la politique agricole actuelle », le syndicat n’exclut pas « d’être amené sur le terrain pour lutter ». Mais la mobilisation pourrait se jouer également en dehors des frontières françaises. José Bové, avec le mouvement Via Campesina, espère bien rassembler le plus de monde possible pour défendre les intérêts paysans lors de la prochaine conférence ministérielle de l’OMC à Hong-Kong, en décembre.