La décision des Etats-Unis de réactiver leur programme de soutien à l’exportation dans le secteur laitier est perçue comme un signe inquiétant par les pays émergents et les pays du groupe de Cairns (exportateurs agricoles), la Nouvelle-Zélande et l’Australie en tête. Ces pays déplorent un recul dangereux vers le protectionnisme, en ciblant également l’Union qui a réintroduit les aides à l’exportation sur certains produits laitiers en janvier dernier.
Le secrétaire américain à l’agriculture,Tom Vilsack, a annoncé le 22 mai la réactivation du programme de soutien aux exportations (DEIP) dans la limite de 68 201 tonnes de lait écrémé en poudre, 31 097 tonnes de graisses butyriques, 3 030 tonnes de fromages. Les ventes auront lieu par voie d’adjudication. « Nous sommes devenus un prétexte pour les Etats-Unis », a regretté Mariann Fischer Boel, la commissaire à l’agriculture. « Je n’aime pas que les Américains profitent de l’UE pour donner des subventions. Ils ont déjà le programme Food Aid qui est encore mieux ficelé que les restitutions », a-t-elle affirmé le 25 mai, à l’occasion du Conseil des ministres de l’agriculture de l’UE Voir même numéro. Pour les pays émergents du G-20, lequel comprend notamment le Brésil et l’Inde, cette mesure traduit un regain de « protectionnisme voilé ». Selon eux, « si cette mesure ne viole pas directement les règles de l'OMC, elle est susceptible d'affaiblir son système en temps de crise économique ». Si les Etats-Unis et les Européens devaient être suivis par d'autres pays riches, cela pourrait avoir comme effet d’aggraver la situation économique des pays plus pauvres, constate le G-20.
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De son côté, le ministre néo-zélandais du commerce, Tim Groser, évoque « une réponse à courte vue ». Selon lui, ces subventions qui auront un faible impact sur le revenu des producteurs américains risque, en revanche, d’avoir des effets très négatifs sur les prix mondiaux des productions laitières. Les Etats-Unis, comme l’UE, déplore M. Groser, envoient « un signal très négatif aux autres membres de l’OMC ».