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Le retour du poulet export

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Certains augures annonçaient la mort du poulet congelé export destiné aux pays non européens. En 2008, c’est tout le contraire qui s’est passé. Alors que les ventes françaises de volailles vers l’Europe se réduisaient de 12 %, les exportations vers les pays tiers augmentaient de 11 % (total : 331 000 tonnes dont 173 000 tonnes pour le poulet congelé). Elles progressaient même de 23 % vers le Moyen Orient. Une croissance considérable soutenue par une politique de restitutions (subventions) européennes restées mesurées : 90 millions d’euros soit la moitié de ce qu’autorise l’OMC. La raison de ce succès réside d’abord dans un développement soutenu du marché mondial, de l’ordre de 4 %. De plus, tout en augmentant ses exportations (12 % soit un total de 4,12 millions de tonnes), le Brésil s’est partiellement désengagé de marchés comme le Moyen Orient, où la France a une longue pratique de vente.

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Les Brésiliens se sont tournés vers l’Asie de même que vers certains de leurs voisins américains. À cela s’ajoute le retour aux achats de volailles de l’Irak. Il faut aussi tenir compte de l’euro dont la valeur par rapport au dollar est revenue à des niveaux plus modérés, ce qui a facilité les ventes. Enfin, « les opérateurs ont su faire des promotions et mettre en avant la production française » explique Francis Ranc, président du groupement interprofessionnel pour l’exportation des poulets (Gipep). Cependant, la situation a été plus compliquée en fin d’année. Elle a été marquée par des baisses de prix de marché, notamment suite à la faillite d’un opérateur (la société américaine Pilgrim’s Pride) toujours accompagnée d’un bradage des prix destiné à reconstituer une trésorerie. Plus, la baisse du prix du pétrole n’est sans doute pas une bonne chose pour ce marché. Mais à long terme, selon Francis Ranc, les ventes de poulet export dépendent plus des données structurelles comme l’augmentation de la population locale que directement des rentrées financières liées au prix du baril. Tant que l’Europe sera en mesure de financer des restitutions, tant qu’il n’y aura pas d’accord à l’OMC remettant ces subventions en cause, le poulet congelé export pourra continuer à se développer. Avec deux entreprises françaises comme opérateurs majeurs : Doux et Tilly-Sabco, récemment vendue par Unicopa à son DG Daniel Sauvaget.