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Le revenu des éleveurs, « combat de la FNSEA » au Sommet de l’élevage

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Chute du revenu des éleveurs, marges de la grande distribution, politique agricole, retraite des femmes d’exploitants…, Jean-Michel Lemétayer, président de la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA) a abordé tous les sujets qui fâchent lors de sa conférence de presse d’inauguration du Sommet de l’élevage, le 6 octobre.

Jean Michel Lemétayer a longuement insisté lors de sa conférence de presse d’inauguration du Sommet de l’élevage, le 6 octobre, sur la crise vécue par l’élevage à la suite des coûts de production en hausse et des prix à la production en baisse : « Nul n’ignore les difficultés vécues par les éleveurs depuis maintenant plus de huit ans. Il est normal de faire entendre leur situation », qualifiée par lui de « catastrophique ». En viande bovine comme en porc, les soutiens de la Politique agricole commune (Pac) « sont anéantis par les charges » de production. « Il n’existe pas d’autres solutions que de rehausser les prix à la production, je le redis avec force », a-t-il déclaré. « Plus que jamais les agriculteurs apparaissent comme la variable d’ajustement de l’aval, des distributeurs et même des consommateurs. » Il s’est alors attaqué à la grande distribution considérant comme « anormal de ne pas avoir été convié à la réunion » entre Hervé Novelli, secrétaire d’Etat chargé du Commerce, et la grande distribution, tout en parlant de « marché de dupe ». « Je ne crois pas un seul instant aux engagements pris par la grande distribution », a-t-il proclamé avec conviction. « C’est scandaleux que la distribution n’entende pas de ses fournisseurs les demandes de hausse alors que c’est la logique même du marché. »

La distribution largement décriée
Il a repris en affirmant que les distributeurs ont les marges nécessaires « pour ne pas faire subir de trop fortes hausses de prix aux consommateurs », regrettant par ailleurs le manque de solidarité entre producteurs et distributeurs. « Tirer les prix vers le bas va à l’envers d’une politique pour l’emploi », rappelle-t-il. Les camions de viande étrangères brûlent mais les « très efficaces » actions de stickage « ne nous échappent pas », précise- t-il avant d’ajouter qu’elles restent « pilotées par nos responsables ». C’est à la future Pac que le président de la FNSEA s’est attaqué par la suite, n’imaginant « pas un instant que Bruxelles ne tire pas les leçons » des crises précédentes. « Laisser faire le libre marché et tant pis si les paysans crèvent, ce n’est pas une politique acceptable ! », s’est-il exclamé. Par ailleurs, « s’ils veulent verdir la Pac, ils devraient déjà mettre à plat tous les efforts fait par les producteurs avant d’en remettre une couche ! », a-t-il déclaré. Il a reprécisé d’autre part que « les aides – je n’aime pas ce mot – sont là pour apporter un certain niveau de compensation mais ne permettent pas au producteur de dégager un revenu. »

Exiger d’autres politiques communautaires que la seule Pac
Pour Jean-Michel Lemétayer, « l’un des handicaps de la Pac » est d’être la seule politique communautaire. « Je veux continuer à me battre pour la politique agricole et pour qu’elle soit communautaire ; je ne peux que militer pour l’harmonisation des autres politiques européennes. Il n’existe pas, par exemple, de politique sociale européenne », a-t-il signalé en rappelant les écarts de coûts de travail entre l’Allemagne et la France, De même, selon le président de la FNSEA, les agriculteurs « ont joué le jeu des engagements du Grenelle de l’environnement », mais ceux-ci doivent être adaptés aux autres pays européens. L’exemple de la taxe carbone revient sur le tapis comme celui des OGM : « Chaque pays pourrait faire ce qu’il voudrait [accepter ou non les OGM sur son territoire] et chaque produit circulerait librement… C’est se moquer des producteurs et du consommateur ! » Concernant la perte de productivité de l’élevage français, il accuse directement « les charges sociales, fiscales et environnementales » et trouverait « intéressant qu’au sein du gouvernement, le chef de l’Etat arbitre les ministres » de l’Agriculture et de l’Environnement afin de donner une cohérence à la politique agricole et environnementale. Pour finir, Jean-Michel Lemétayer a abordé le thème des retraites des femmes d’exploitants « qui souvent n’ont pas été assujetties depuis le début de leur carrière à une cotisation. Certaines ont commencé à travailler à 14 ans et les obliger à travailler jusqu’à 67 ans pose de vrais problèmes ». Quant au désistement du ministre de l’Agriculture, « dommage ! », s’est-il exclamé. « Le ministre avait certainement ses raisons », a-t-il ajouté.

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