Abonné

Le risque des nanopesticides pour la santé n’est pas assez évalué

- - 2 min

Dans une revue de littérature scientifique publiée le 20 mars, des chercheurs français concluent au « manque de données » sur les effets potentiels des nanopesticides sur la santé des mammifères. « Des études approfondies sont encore nécessaires pour garantir leur sécurité, en particulier pour la santé humaine, avant leur application à grande échelle », indiquent-ils dans le journal scientifique Science of the total environment (Stoten). Ces travaux avaient été annoncés en novembre dans notre dossier sur les nanopesticides par deux des co-auteurs de la revue, Jérémie Pourchez et Emmanuel Flahaut, respectivement directeurs de recherche à l’Inserm et au CNRS.

Finalement, ils n’ont retenu que 27 articles scientifiques correspondant vraiment à cette thématique de santé, sur les 2102 articles initialement repérés dans les bases de données PubMed et Web of sciences. « Jusqu’à présent, cet aspect a été négligé car les études se concentrent principalement sur la synthèse et l’efficacité cible du produit. Des enquêtes approfondies sur le devenir dans l’environnement, la toxicité et les conséquences à long terme de leur utilisation sont nécessaires », précisent-ils.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

toxicité
Suivi
Suivre
santé humaine
Suivi
Suivre

Réputés efficaces à plus petites doses, les nanopesticides sont utilisés aux États-Unis, au Brésil et en Inde. En Europe, les substances actives à l’état nanoparticulaire ne sont pas autorisées, mais on retrouve des nanomatériaux dans les co-formulants en poudre tels les agents de charge (argile, kaolin, sable) et les pigments. Vu la récurrence de l’agriculture dans R-Nano, le registre de déclaration annuelle obligatoire des nanomatériaux, l’Anses s’est saisie du sujet. Elle doit produire un avis à l’issue d’une étude exploratoire, courant 2025.

« Des études approfondies sont encore nécessaires »