Selon une étude sino-américaine publiée le 29 avril dans la revue Science, la culture de deux types de riz génétiquement modifiés en Chine a permis aux agriculteurs de réduire de 80 % leur utilisation de pesticides et d’augmenter leurs rendements comparé aux variétés traditionnelles .
Mesurés à l’hectare, la quantité et le coût des pesticides appliqués ont été multipliés dans une proportion de huit à dix pour les cultures de riz traditionnel comparativement au riz modifié génétiquement pour résister aux insectes, selon Carl Pray, économiste agricole de l’université américaine de Rutgers (New Jersey), un des principaux responsables du projet.
L’étude a montré que le rendement de la variété de riz transgénique Xianyou 63 a été 9 % plus élevé que celui de plants traditionnels. La seconde variété de riz génétiquement modifiée étudiée,baptisée Youming 86, n’a en revanche pas été plus productive que son équivalent naturel.
Par ailleurs, aucun des cultivateurs ayant exclusivement planté du riz transgénique résistant aux insectes, n’a fait part de problèmes de santé généralement liés au contact avec les pesticides (migraines, irritations cutanées, nausées, etc.) au cours des deux années durant lesquelles ils ont procédé à ces cultures, selon les chercheurs.
En comparaison, 8,3 % des agriculteurs ayant cultivé du riz traditionnel et qui ont dû recourir à des pesticides, ont indiqué avoir eu des problèmes de santé liés à ces produits chimiques en 2002. Cette proportion est montée à 10,9 % en 2004, selon cette étude financée notamment par l’Académie Nationale chinoise des Sciences.
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
Greenpeace met en garde contre la contamination des cultures chinoises
L’organisation écologiste Greenpeace, qui avait accusé récemment le gouvernement chinois de ne pas contrôler les cultures d’OGM dans le pays Voir N°3000 du 18/04/05., a estimé que « l’article de Science montre que les agriculteurs chinois cultivent le riz transgénique sans l’assistance de techniciens, et qu’un bon nombre des participants sélectionnés au hasard cultivent à la fois des variétés génétiquement modifiées et conventionnelles dans leurs petites exploitations familiales» alors que ces mêmes cultures sont bien séparées dans d’autres pays.
Si une action n’est pas décidée d’urgence, près de 13 500 tonnes de riz transgénique non autorisé et non testé pourront entrer dans la chaine alimentaire cette année, met en garde l’organisation dans un communiqué.
Greenpeace affirme par ailleurs que la Commission européenne a réclamé des informations à la Chine, et que les gouvernements britannique, slovaque et coréen ont commencé des tests de vérification.