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Le robot d'irrigation Osiris permet d'économiser jusqu'à 20% d'eau

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Le robot autonome d'irrigation d'Osiris en plein champs Crédits : © Osiris

Le robot d’irrigation autonome d’Osiris actuellement en phase test chez un agriculteur en plein champs, permet d’optimiser l’utilisation de l’eau grâce à des capteurs capables de reconnaitre l’état végétatif des plantes et le taux d’humidité du sol.

Osiris, fabricant du premier robot d'irrigation autonome et polyvalent pour une agriculture plus précise et plus ciblée, a été fondé par trois ingénieurs, Henri Desesquelles, Rodolphe Cockenpot et Léon Guyard. « En tant que fils d’agriculteurs nous étions bien placés pour comprendre les problèmes d’eau rencontrés sur le terrain », souligne Léon Guyard. Nos robots autonomes permettent d’alléger la tâche de l’agriculteur et d’optimiser l’utilisation de l’eau, tout en améliorant le rendement des cultures. Équipé de capteurs pour reconnaitre l’état végétatif des plantes et le taux d’humidité du sol, notre robot assimile la donnée et décide ensuite de la quantité d’eau à distribuer, toujours au pied et non pas sur le feuillage des plantes. Notre système qui est actuellement en phase test chez un agriculteur en plein champs, permet d’économiser jusqu’à 20% d’eau et d’augmenter le rendement de 10% ». Le robot autonome d’Osiris qui reste pendant trois mois consécutif sur une même parcelle sur laquelle il se déplace continuellement est branché sur le réseau d’eau existant de l’agriculteur et se recharge en utilisant la pression de l’eau. Et même si le robot est autonome, l’agriculteur garde la main et peut rectifier le tir quand il le juge nécessaire. Osiris conçoit ses appareils, dont la fabrication des pièces est sous-traitée quasi intégralement en France, qu’il assemble lui-même ensuite près de Lille.

La législation sur l’utilisation des robots autonomes dans les champs est encore un peu floue, mais les constructeurs de ce type d’engins ont bon espoir de voir les choses évoluer prochainement. En attendant, le robot Osiris joue la sécurité avec une vitesse de circulation de seulement 1000 mètres par heure.

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Une levée de fonds en cours

Jusqu’à présent financée par des subventions et des prêts bancaires, la start-up cherche à lever autour de 1 million d’euros et discute actuellement avec « des fonds d’investissements régionaux, mais aussi des entreprises privées, qui pourraient nous apporter leur expérience en plus d’une partie des fonds nécessaires. Nous espérons boucler cette levée de fonds au premier trimestre 2023 », précise Léon Guyard. Les fondateurs conserveront la majorité du capital. « Ces fonds permettront de passer de la version prototype à la version définitive du robot, afin de lancer la phase d’industrialisation pour arriver à plusieurs dizaines d’exemplaires par an et démarrer la commercialisation ». A terme, la société prévoit de vendre ses robots aux agriculteurs directement ou à des coopératives qui elles-mêmes se chargeront de la location ou de la vente.

A plus long terme, Osiris a pour objectif de continuer à développer le potentiel de son engin. « Nous voulons garder le même robot pour faire d’autres tâches à d’autres moments de l’année, comme de l’épandage en dehors des périodes d’irrigation. Grâce aux capteurs, on pourrait aussi imaginer faire remonter des données sur des maladies ou des attaques de ravageurs directement à l’agriculteur, via une application en cours de développement. Notre système est évolutif en fonction des besoins des agriculteurs et de ce que nous pouvons imaginer. Il suffit d’intégrer le bon capteur avec la bonne intelligence ».