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Développement agricole Le rôle des « petites exploitations » remis en cause dans le développement

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« Faut-il continuer de privilégier les petites exploitations ? ». Dans une étude qu'il a présentée le 23 septembre, l'Anglais Peter Hazell, économiste du développement, relativise le discours unanimement favorable aux petites exploitations en tant qu'outil du développement agricole, mais sans pour autant appeler à leur remplacement par de grandes entreprises.

«FAUT-IL continuer de privilégier les petites exploitations? ». Tel est le thème d'une étude présentée le 23 septembre par Peter Hazell, économiste du développement, dans le cadre d'un débat organisé par la fondation française Farm, à Paris. L'auteur de Repenser le rôle des petites exploitations agricoles dans les stratégies de développement, étude de 42 pages traduite par Farm, montre que le discours unanimement favorable aux petites exploitations en tant qu'outil du développement agricole depuis la Révolution verte des années 1960 en Inde, n'est plus de mise.

Les petites exploitations de plus en plus petites

En effet, indique-t-il, les petites exploitations en Afrique et Asie, sont de plus en plus… petites, principalement du fait de la pression démographique et du morcellement foncier. Elles ne sont pas à même de répondre aux besoins alimentaires croissants des villes ni de s'intégrer dans les chaînes de la mondialisation. De plus, elles rencontrent de plus en plus d'obstacles à l'accès aux intrants et aux crédits bancaires. Peter Hazell montre que la notion de petites exploitations agricoles ne recouvre pas une catégorie homogène. Sous cette rubrique figurent aussi bien des exploitations relevant de l'économie de subsistance, marginalisées, et à peine en mesure de nourrir leurs tenanciers, que des exploitations devenant aptes à commercialiser des produits sur des marchés locaux, voire nationaux ou à destination des pays voisins. L'auteur insiste sur ces différentes catégories pour éviter la confusion qu'entraîne la notion indifférenciée de « petite exploitation ». S'agissant des solutions, l'économiste anglais estime que les gouvernements devraient aider les petites exploitations qui sont « en transition » vers l'exploitation commerciale, et orienter celles qui vivent en « agriculture de subsistance » à se diversifier vers des activités non-agricoles, mais toujours en zones rurales pour éviter de gonfler les grands centres urbains.

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Son étude, qui relativise le rôle des petites exploitations, ne prône pas pour autant un recours aux grandes exploitations car tel n'est pas son objet.