Interrogé par la presse en marge du Conseil informel des 10 et 11 septembre à Londres , le ministre français de l’agriculture, Dominique Bussereau, a exclu toute idée de nouvelle réforme de la Pac, laissant entendre que le Royaume-Uni, qui lie un accord des Vingt-cinq sur les perspectives financières de l’UE pour 2007-2010 à une baisse des dépenses agricoles, se trouvait isolé au sein de l’UE sur ce sujet. Pour sa part, la commissaire européenne Mariann Fischer Boel a indiqué aux journalistes n’avoir reçu aucune proposition concrète des Britanniques pour modifier la nouvelle Pac qui n’est « même pas encore entrée en application dans la majorité des États membres ». « Quand on aura assez de recul en 2008/2009, on pourra évaluer l’impact de la réforme et éventuellement rectifier le tir », a-t-elle estimé.
« Il y a eu un accord politique en 2002, il est hors de question d’en changer», a déclaré à Londres M. Bussereau, ajoutant qu’il « ne s’agit pas d’un débat entre la France et l’Angleterre, mais d’une position de l’Angleterre qui est une position différente de tous les autres pays européens ». « On commence à peine à appliquer la nouvelle politique agricole, qui a été signée par le Royaume-Uni, donc le débat sur rechanger quelque chose qui vient de changer est absurde », a encore souligné le ministre français.
La ministre britannique, Margaret Beckett, présidente en exercice du Conseil, a refusé quant à elle de se « laisser entraîner », lors de cette réunion informelle consacrée au changement climatique, « dans une discussion sur les perspectives financières ». « Nous ne sommes pas isolés sur cette question de la réforme de la Pac et la discussion est loin d’être terminée», a-t-elle affirmé. Mme Beckett a néanmoins précisé que Londres ne souhaitait pas une baisse des dépenses rurales, mais au contraire des transferts plus importants des crédits de soutien des revenus et des marchés vers le développement rural.
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« Nous sommes toujours contre le cofinancement» national de la Pac, a par ailleurs confirmé
M. Bussereau. « Ce n’est pas une option à négocier », a-t-il dit. « Si (un tel système) devait être décidé, il devrait être obligatoire», a commenté de son côté la commissaire à l’agriculture, soulignant qu’« il y aurait des problèmes de concurrence» et que « ce serait la première fois que la Commission devrait décider du budget des États membres». « Ce n’est pas une option pour moi », a ajouté Mme Fischer Boel. Celle-ci a également précisé que, « en janvier 2006, nous atteindrons 90 % de découplage dans les États membres, 100 % dans certains d’entre eux, beaucoup moins en France ».