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Snacking Le sandwich a de beaux jours devant lui

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Au rebours de la restauration commerciale (voir ci-après), le marché du sandwich a connu une forte poussée au second semestre 2008, c’est-à-dire en plein déclenchement de la crise. Et sa croissance sur l’année a atteint 11%, selon Gira qui chiffre les ventes à 6,1 milliards d’euros et prévoit un marché explosif avec toujours une croissance à deux chiffres dans les années à venir.

Le marché du sandwich a augmenté plus vite l’an dernier que les années précédentes. Sa croissance, qui oscillait plutôt entre 5 et 8 % l’an depuis 2003, a bondi au rythme de + 11 % en 2008, selon une étude de Gira Conseil pour le 10 è salon Sandwich & snack show. Le cabinet d’étude estime que la crise a accéléré la demande à partir du second semestre. Le nombre de sandwichs consommés aurait atteint 1,8 milliard d’unités au total l’an dernier, soit une valeur de 6,1 milliards d’euros et un prix moyen de 3,39 euros.

Le marché, souligne l’étude, en est à sa troisième phase d’évolution : historiquement l’offre était très basique, c’était celle du « troquet du coin », puis le marché s’est ouvert à la fois en termes d’opérateurs (avec les industriels vs les artisans) que de variétés d’offre (pains, garnitures, formats,…) ; aujourd’hui, les écarts de prix ont cessé d’être stables, les gammes ont explosé allant du low cost jusqu’au premium, affirme Gira Conseil.

Diversification

Le sandwich se vend désormais dans presque tous les circuits de distribution et tous les lieux de consommation hors domicile, rendant son accès aussi facile en boulangerie, dans les transports ou les grandes surfaces. L’arrivée en centre-ville de nouveaux formats de proximité appartenant à la grande distribution renforce le poids de cette dernière au moment où le taux de retour à domicile pour déjeuner s’effondre partout en France : ce taux n’est plus que de 0,8 % à Paris contre 5 % il y a huit ans et à Limoges il est tombé de 87 % en 2000 à 65 %. Cela n’empêche le marché français de garder sa singularité, avec une certaine résistance contre le nomadisme que l’on n’observe pas outre-Manche par exemple où domine depuis longtemps la vente à emporter.

« Le prix » est le principal atout de la grande distribution : 1,88 euro en moyenne pour un jambon-beurre dans un hypermarché contre 2,69 euros dans les boulangeries indépendantes et 3,13 euros dans les cafés-brasseries, selon une étude basée sur plus de 700 points de vente.

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8 fois plus que de hamburgers

Si le marché se nivelle par le haut avec plus de variété sur le pain et les garnitures et une recherche d’équilibre nutritionnel, les Français restent assez traditionnels dans leurs choix : 2 sandwiches sur 3 sont composés de fromage et/ou de charcuterie, 64 % des sandwiches sont à base de baguette et le classique jambon-beurre (829 M d’unités) pèse 72 % des ventes de sandwiches baguette.

La France est le seul pays au monde où le sandwich tient tête au hamburger. Il s’y consomme 8 fois plus de sandwiches que de hamburgers, ce qui n’empêche pas ces derniers de profiter eux aussi de la crise (McDonald’s affiche +11,4 % de croissance en France). A noter également la forte présence du kebab : 10 000 points de vente ont réalisé 1,1 milliard d’euros de chiffre d’affaires l’an passé en vendant 245 M de kebabs.

Renversement de tendance

Le sandwich industriel a beau s’être considérablement développé, l’artisanal résiste fort bien. Les cafés-bars-brasseries et les sandwicheries occupent ainsi 58 % des parts du marché du sandwich. Les métiers de bouche occupent 14 %, principalement les boulangeries (95 % de ce total) et les magasins et distributeurs prennent 28 % du marché (en tête les GMS avec 19,9 %, puis les distributeurs automatiques 4,5 % et les stations-services 3,6 %). Les sandwiches industriels poursuivent leur croissance grâce à des opérateurs très dynamiques (Sodebo, Daunat) et représentent environ un sandwich sur quatre. L’artisanal résiste d’autant mieux que la demande du consommateur lui est favorable, surtout pour une clientèle qui en consomme de plus en plus et est donc plus exigeante en termes de qualité, de plaisir et de variété.

Enfin, un retournement inattendu se dessine aux yeux des experts du Gira : alors que le sandwich industriel était plutôt vendu en grande distribution (67 %) et dans les stations-service (16 %), ces deux circuits se mettent de plus en plus à proposer un sandwich artisanal en alternative au sandwich industriel. Avec les nouveaux comportements de crise, il apparaît que le snacking n’est plus le pendant négatif de la tradition : la notion de malbouffe disparaît progressivement de la restauration rapide, assure Gira qui s’attend donc à voir augmenter en France la complexité de la restauration rapide et à voir même son activité exploser avec une croissance à deux chiffres dans les années à venir.