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Le secteur agricole presse le Conseil d’adopter des objectifs réalistes sur la qualité de l’air

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Dans une lettre adressée le 20 novembre aux ministres de l’environnement de l’UE, les organisations et coopératives agricoles de l’UE (Copa-Cogeca) préviennent qu’il est nécessaire d’adopter une approche réaliste pour la réduction des émissions de polluants atmosphériques du secteur agricole. Le Conseil doit finaliser le 16 décembre, à l’occasion de la réunion des ministres des Vingt-huit à Bruxelles, sa position sur la révision de la directive sur la qualité de l’air qui prévoit une baisse importante des émissions d’ammoniac et de méthane. Le Parlement européen a déjà adopté sa position, qui est ambitieuse mais préserve l’élevage en exemptant les ruminants de la réduction des émissions de méthane (1). Par contre, les eurodéputés se sont prononcés pour une réduction de 30 % des émissions d’ammoniac dans l’UE d’ici 2030 par rapport au niveau de 2005 avec des objectifs par État membre. Le secteur agricole, et en particulier de l’élevage mais aussi les engrais, est responsable de 90 % des émissions européennes d’ammoniac.

« Un objectif de réduction de l’ammoniac de 27 % d’ici à 2030 dans l’UE (proposée à l'origine par la Commission de Bruxelles) aura des conséquences néfastes pour l’économie, l’environnement et la société dans son ensemble », écrit le Copa-Cogeca qui craint qu’un tel objectif entraîne une restructuration des différents modèles agricoles, pas seulement des exploitations intensives mais également des petites et des moyennes. L’objectif principal de cette révision des plafonds d’émission est de réduire la teneur de l’air en matières particulaires (PM2,5). Or, souligne la lettre, d’après le rapport sur l’état de l’environnement 2015, « l’agriculture est responsable de 2,9 % des PM2,5 de l’UE. Les 87 % restants sont émis par les transports, l’industrie et les ménages. Les objectifs de réduction des émissions d’ammoniac pour 2030 doivent donc s’inscrire dans une approche équilibrée et proportionnelle ».

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Les exploitations comptant « plus de 300 ou 500 animaux » seront les seules à même de faire face aux surcoûts occasionnés par les solutions évoquées par Bruxelles pour réduire les émissions d’ammoniac dans le secteur agricole, estime le Copa-Cogeca. Et de prévenir les États membres qu’étant donné que la taille moyenne des exploitations bovines et laitières dans l’UE est de respectivement 64 et 29 unités, des objectifs trop ambitieux pourraient multiplier de 10 à 17 fois la taille du cheptel moyen. Ce qui va à l’encontre des objectifs européens.

(1) Voir n° 3518 du 02/11/2015