Dans son cinquième rapport sur la biodiversité publié le 15 septembre, l’ONU constate qu’aucun des vingt objectifs d’Aichï pour la biodiversité (2011-2020) n’a été complètement atteint.
Dans ces accords internationaux signés en 2010 à Nagoya au Japon, l’agriculture faisait l’objet d’un chapitre à part entière, visant « une gestion durable de l’ensemble des surfaces ». Un critère qui regroupe, comme le précise l’organisation, « la gestion intégrée des ravageurs, l’agriculture de conservation, les aménagements favorables à la biodiversité, les prairies, l’agroforesterie, l’irrigation raisonnée, les petites parcelles ».
Selon une étude de 2018, loin de l’objectif mondial, ces pratiques représenteraient actuellement environ 9 % de la surface cultivée. L’ONU, avant toute critique, reconnaît « des efforts substantiels pour développer l’agriculture durable ». Le doublement des surfaces en agriculture biologique au niveau mondial, ou la stabilisation des utilisations de pesticides et d’engrais sont pour l’organisation internationale les meilleurs signes de ces avancées.
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Mais les niveaux d’utilisation d’intrants demeurent élevés, souligne l’ONU. Notamment en Asie, en Amérique du Sud et en Europe, où les utilisations d’engrais ont augmenté au cours des dix dernières années. Pour les auteurs, citant la diminution des espèces d’oiseaux liés aux habitats agricoles, « l’intensification de l’agriculture demeure l’une des causes de perte de biodiversité et de dégradation des écosystèmes, et les efforts de la Pac pour y répondre n’ont pas été suffisants ».
Au titre d’initiatives d’envergure pour réconcilier agriculture et biodiversité, l’ONU cite un exemple indien. Le programme Zero Budget Natural Farming (ZBNF) représente, précisent les Nations unies, « l’une des plus grandes expériences en matière d’agroécologie au monde ». Dans l’Etat du Karnakata, dans le sud-ouest de l’Inde, 100 000 exploitations suivraient actuellement les méthodes du ZBNF pour associer culture et élevage afin de diminuer les achats d’intrants. Une initiative qui devrait être bientôt généralisée à l’échelle du pays.