La France veut développer les repas bio en restauration collective pour fournir des débouchés à l’agriculture bio et augmenter les surfaces. En parallèle à un triplement des surfaces bio, elle veut introduire 20% de bio en restauration collective publique d’ici 2012. Lors des 2e Assises nationales de la bio, les acteurs présents ont pointé la nécessaire structuration de la filière pour atteindre cet objectif et répondre à la demande de la restauration collective.
Pour développer le bio, l’accent sera mis « en particulier sur la restauration collective ». C’est ce qu’a indiqué Michel Barnier, en ouverture des 2 e assises nationales de l’agriculture biologique, le 7 octobre à Paris, et après avoir rappelé ses engagements pour atteindre 6% de la SAU en bio en 2012 (voir l’encadré). Le ministre de l’Agriculture a précisé que, dans le cadre du 2 e appel à projet de structuration des filières bio pour 2008, la restauration collective sera au premier rang. Selon ses mots, elle « peut assurer un débouché important pour le bio ». L’Etat, par sa circulaire « Etat exemplaire » du 2 mai 2008, veut ainsi atteindre la barre des 20 % de produits bio en restauration publique d’ici 2012 (administrations, hôpitaux, universités et pénitenciers).
15 % en valeur dans les administrations centrales
La France est en retard sur ses voisins européens sur le dossier du bio en production. L’Italie possède 17 % des surfaces en bio, devant l’Espagne, et l’Allemagne. La France, avec 2 % de sa SAU en bio, n’est que 5 e avec 3 % des surfaces bio européennes. En comparaison, l’Autriche (6 e) possède 15 % de ses surfaces certifiées bio. La France est en retard au point de devoir importer des fruits bio, des légumes bio et du lait bio notamment, afin de combler la demande nationale. Ces importations permettent entre autres d’approvisionner un réel dynamisme du bio en restauration collective. En Italie, près d’1 million de repas contenant des ingrédients bio ont été servis en seule restauration scolaire en 2007, représentant 1/3 des repas. « Dans certaines régions, ce chiffre atteint même 70 %, et en Autriche, depuis 2005, le quota de 30 % de repas bio est imposé en restauration collective », précise l’Agence bio, qui veut prendre ces exemples comme des références fortes, en particulier en matière d’appel d’offres. En France, en 2007, 5 millions de repas bio ou partiellement bio ont été servis dans les lycées, 10 millions en tout en restauration collective. Et si l’Etat indique avoir déjà atteint 15% de produits bio en valeur dans les restaurants de ses administrations centrales (1 500 repas quotidiens à Paris), la marge de progression dans les autres places de restauration collective est importante.
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Maîtriser le surcoût entraîné par les produits bio
Selon les observations de l’Agence bio, la demande existe. Les premiers résultats de l’Observatoire des produits biologiques en restauration collective mis en place par l’Agence bio, montrent que 78% des parents des enfants qui n’ont jamais eu de repas bio à la cantine (3/4) le souhaiteraient. En restauration d’entreprise, pour les actifs, le chiffre est de 39%. Les acteurs présents lors de ces assises se sont accordés sur la nécessité d’une structuration des filières bio. La production, la transformation et la distribution doivent pouvoir répondre à la demande de la restauration collective. La filière doit parvenir à maîtriser de manière durable l’approvisionnement, en termes de qualité et de quantité, en intégrant des contraintes de proximité de l’offre. Sans oublier de maîtriser le principal frein au développement de la bio en restauration collective : le surcoût entraîné par l’introduction de produits bio dans les repas collectifs. Selon l’Agence bio, une meilleure structuration de la filière amènera nécessairement une baisse des prix. Elle dispose d’une enveloppe de 3 millions d’euros par an pendant 5 ans pour cela.