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Le secteur des engrais touché de plein fouet

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Les mauvaises récoltes, qui s’ajoutent à des prix en berne, ont un impact sur les fournisseurs d’intrants en grandes cultures. Des baisses de livraisons sont signalées, pouvant atteindre 30 % en engrais de fond, 50 % en amendements minéraux.

Une baisse de l’utilisation d’engrais est déjà mesurée par les fabricants. « On estime à environ -30 % les livraisons d’engrais de fond (phosphore, potassium) sur quatre mois allant de mai à août/septembre », signale Philippe Eveillard, responsable du pôle agriculture, environnement et statistiques à l’Unifa (Union des industries de la fertilisation). Pour les amendements minéraux basiques, épandus après récolte, la chute représenterait 50 %. Les professionnels du secteur se montrent « très inquiets » pour les engrais composés, qui seront utilisés au printemps : « Les commandes n’arrivent pas du tout », note Philippe Eveillard. Avec déjà pour conséquences des mesures de chômage technique et des usines à l’arrêt pour un à deux mois, selon lui. Les engrais azotés, dont l’effet est plus immédiat sur la productivité des cultures, apparaissent moins touchés. Leurs tarifs ont baissé de près de 40 % en deux ans et même si les marchés céréaliers sont en berne, le rapport de prix reste intéressant. « Le problème, c’est qu’avec des trésoreries tendues, certains agriculteurs pourraient aussi remettre en cause la fertilisation azotée », craint-il.

Les semences et phytos concernés

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Chez Coop de France, le directeur des métiers du grain Vincent Magdelaine confirme « des alertes montrant que des producteurs vont lever le pied sur les engrais », avec « un recul très significatif des intentions d’achat ». Même signal côté semences, où se dessine « une moindre utilisation des semences certifiées ». Et Vincent Magdelaine de souligner « le risque de quelques déboires à la récolte » : « L’inquiétude majeure est de voir les difficultés de 2016 se reporter sur 2017 ». Concernant les phytos, il craint « des comportements un peu minimalistes vis-à-vis de la protection des cultures ». « Si l’adaptation des programmes phytosanitaires est habituelle, le problème est d’accompagner l’agriculteur pour qu’il n’y ait pas d’impasse excessive à cause de la trésorerie. »

« L’inquiétude majeure est de voir les difficultés de 2016 se reporter sur 2017 », selon Vincent Magdelaine (Coop de France)