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UE/Vin/Livre vert Le secteur des vins d’origine demande des programmes de promotion sur le marché intérieur

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« Nous demandons à la Commission européenne d’ouvrir des programmes de promotion pour les vins d’origine sur le marché intérieur car actuellement ces crédits ne sont disponibles que pour le seul marché des pays tiers». C’est la principale réclamation exprimée par la Fédération européenne des vins d’origine dans le cadre de la consultation publique sur le Livre vert de la Commission européenne sur « la promotion et l’information en faveur des produits agricoles »(1).

Confrontés à la baisse des ventes qui touche le secteur, les plus grands producteurs européens de vins d’appellation d’origine appellent la Commission européenne et les Etats membres à revoir les règles relatives aux actions de promotion en faveur du vin sur le marché intérieur. Par la voix de Efow (Fédération européenne des vins d’origine), ils saisissent l’occasion de la consultation publique sur le Livre vert sur « la promotion et l’information en faveur des produits agricoles » pour réclamer l’ouverture de co-financements d’actions de promotion des vins d’origine européens sur le marché unique. Un marché qui, soulignent-ils, « représente pour la filière vitivinicole le premier marché d’exportation ». Les producteurs de vins d’origine constatent qu’aujourd’hui l’organisation commune des marchés (OCM) « permet uniquement le financement d’actions de promotion dans les pays tiers par le biais des programmes nationaux ». Pour eux, la promotion doit au contraire se concentrer sur le marché intérieur qui représenterait quelque 75 % du marché mondial. « La crise financière et économique mondiale a pour effet direct une baisse de nos ventes sur la plupart des marchés des pays tiers. Ces marchés étant lointains et souvent complexes à exploiter, le développement de nos marchés traditionnels et de proximité que sont les marchés des pays membres de l’UE devient primordial », affirme Riccardo Ricci Curbastro, le Président d’Efow.
Selon lui, il est essentiel que les investissements de l’UE en matière de promotion « se traduisent en résultats positifs pour les différents secteurs qui en bénéficient, notamment pour les vins d’origine qui contribuent très largement à la balance commerciale des différents Etats membres ». A ses yeux, ces investissements doivent se faire « sur tous les marchés porteurs, dans les pays tiers mais également sur notre marché naturel, qui représente près des ¾ du marché mondial ».

Une politique de promotion incohérente
Les producteurs de vins d’origine constatent que déjà en période de croissance, le secteur éprouve des difficultés à co-financer des actions de promotion dans un pays tiers et qu’en période de crise, cela devient quasiment insurmontable pour la plupart des acteurs qui sont incapables de financer entre 30% et 50% d’une action promotionnelle sur un marché lointain. Daniela Zandona, porte-parole de Efow, dénonce devant Agra alimentation ce qu’elle appelle une « absurdité » de la politique européenne en matière de promotion. « Alors que des pays tiers, comme par exemple le Chili, peuvent financer des campagnes de promotion de leurs vins sur le marché européen, nous, Européens, nous n’en avons pas la possibilité. On nous demande d’être plus compétitifs et on ne nous autorise pas à faire la promotion de nos produits sur notre propre marché ! C’est une incohérence que je ne peux pas m’expliquer ». Si elle reconnaît que l’attitude des autorités européennes pourrait être liée à une question de santé publique, Daniela Zandona se veut rassurante en soulignant que les producteurs de vins d’origine ont à cœur d’informer les consommateurs sur les modes de consommation responsable, sur l’origine des produits, sur leur qualité et leur diversité. « Nos communications doivent mettre l’accent sur une consommation modérée et responsable du vin et qui peut même avoir des effets bénéfiques sur la santé ».

Un règlement vers la fin 2012 ?
La politique actuelle en matière d’information et de promotion des produits agricoles aurait fourni de bons résultats si l’on en croit les services de la Commission européenne. Cependant, ces derniers se disent convaincus que cette politique pourrait être simplifiée et améliorée pour mieux répondre aux attentes des marchés européens et mondiaux. Avant de proposer une nouvelle réglementation, la Commission a pris soin de recueillir l’avis des acteurs concernés dans le cadre de sa consultation publique qui s’achève le 7 octobre 2011. Un rapport résumant les contributions sera publié d’ici la fin 2011. Ces contributions serviront de base à la présentation d’options concrètes dans le cadre d’une communication à la mi-2012, qui sera suivie de propositions législatives vers la fin 2012.
 
 (1) La consultation court du 14 juillet 2011 au 7 octobre 2011.

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