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Luzerne Le secteur veut boucler sa mutation avant 2013

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La filière de la luzerne déshydratée a un impératif : boucler sa mutation agronomique, énergétique et industrielle avant 2013. Lors d’une conférence de presse le 6 novembre, ses dirigeants ont insisté pour que Bruxelles ne supprime pas avant cette échéance l’aide couplée (33 euros par tonne).

Il faut le temps à la filière de la luzerne déshydratée, c’est-à-dire les producteurs de luzerne et les déshydrateurs, d’investir dans les nouveaux procédés agronomiques et énergétiques et les nouveaux produits à haute valeur ajoutée, ont indiqué Jean-Pol Verzeaux, président de Coop de France Déshydratation, et son directeur Éric Guillemot. La Commission avait initialement proposé de supprimer l’aide couplée pour la récolte 2009 et de l’intégrer aux aides découplées aux producteurs. L’effet serait une chute « de l’ordre de 80% » de la production française, avec comme conséquence une aggravation de la monoculture et donc une vulnérabilité accrue des cultures aux parasites.

De nombreux marchés potentiels

Espérant le maintien de l’aide couplée, les professionnels serrent les boulons de la consommation d’énergie et multiplient leurs débouchés.

L’énergie représente un tiers des coûts de la luzerne déshydratée, selon Jean-Pol Verzeaux, mais il est possible de les réduire de 20 à 25%. Les professionnels développent le préfanage, procédé qui permet, au champ de faire sécher la luzerne coupée, et de réduire la consommation d’énergie pour le séchage dans l’usine. En outre, alors qu’en 2005 la plupart des usines de déshydratation tournaient à l’énergie fossile, la plupart seront alimentées dès 2009 à la biomasse, au moins partiellement.

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La filière a par ailleurs un important potentiel de débouchés à développer. D’une part le débouché de la luzerne bio croît régulièrement. D’autre part, le potentiel d’exportation de granulés vers le Japon pourrait atteindre 30 000 tonnes, car les moyens logistiques sont là : la plupart des conteneurs venant d’Asie repartent à vide.

Trois marchés à haute valeur ajoutée peuvent être développés, selon Serge Faller, directeur général de Desialis (80 % des ventes françaises de luzerne) : la luzerne utilisée en aliments du bétail, comme colorant des œufs, comme oméga 3 dans les rations pour vaches laitières pour qu’ils passent dans le lait, et enfin comme ingrédient nutritif pour les populations démunies. Pour ce dernier marché, « à construire », selon Serge Faller, l’EFSA (Agence européenne de sécurité alimentaire alimentaire) devait donner son autorisation le 7 novembre.