Un an et demi après avoir racheté le sélectionneur allemand Strube, Deleplanque s’est présenté, en conférence de presse le 18 octobre, avec une nouvelle dimension. Éric Verjux, le président du directoire, a répété son « ambition d’être un acteur de premier plan en Europe dans le domaine de la semence ». Plusieurs chiffres illustrent le changement d’échelle de l’entreprise familiale. Deleplanque passe de 48 M€ à 130 M€ de ventes annuelles, avec un effectif multiplié par dix pour atteindre 500 collaborateurs. Six nouvelles espèces intègrent son catalogue en distribution de graines, composé au départ des betteraves, seigle, couverts végétaux et auxquels s’ajoutent tournesol, soja, pois chiche, pois potager, maïs doux, blé tendre. La production de semences en comprend vingt (avec les hybrides, bio, potagères), contre initialement cinq espèces principales. Le groupe étend sa zone géographique aux treize pays betteraviers en Europe. « Nous sommes présents sur l’ensemble des marchés où il y a de la betterave, sauf aux États-Unis », a-t-il indiqué.
Deleplanque se présente désormais comme le troisième sélectionneur européen de betteraves, le deuxième en Allemagne. Sa force est notamment d’intégrer l’ensemble de la chaîne de valeur, depuis la sélection, la production de semences au champ jusqu’à la mise à disposition des produits finis aux clients. D’un point de vue industriel, ses installations viennent d’être complétées sur la station de semences de Villefollet (Deux-Sèvres).
30 M€ d’investissements en R&D sont prévus dans le plan stratégique 2020-25. Parmi les domaines ciblés, figurent en priorité l’amélioration génétique, l’agriculture de précision, le bio, la qualité des semences. Cet effort est permis grâce à une grande stabilité du capital social : 53 % des parts sont détenues par la famille et les dirigeants, 22 % par les salariés et 25 % par Unigrains, bras financier de la filière céréalière. Côté chiffre d’affaires, le taux de croissance visé est de 9 % par an. Une dynamique amorcée le 1er juillet par le rachat de 100 % de la filiale en Russie, qui marque un déploiement de la stratégie dans ce pays comptant 1,1 Mha de betteraves, soit les surfaces de la France et l’Allemagne réunies.
Un chiffre d’affaires de 130 M€ contre 48 M€ l’an passé