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Nutrition animale Le SNIA a 40 ans et se projette toujours dans le futur

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Le 27 mai dernier, le Syndicat national de l’industrie de la nutrition animale (SNIA) a fêté ses 40 ans d’existence. Son président, Adolphe Thomas, a réaffirmé la volonté du syndicat de s’inscrire dans l’avenir malgré un contexte changeant. Contractualisation, OGM, protéines animales, cahiers des charges… sont donc revenus sur le tapis.

Volatilité des cours, internationalisation des échanges, nouvelles relations entre filières, segmentation des marchés, compétitivité, sécurité alimentaire, santé publique, développement durable… C’est une liste à la Prévert que scande Adolphe Thomas, président du Syndicat national de l’industrie de la nutrition animale (SNIA), pour rappeler les enjeux du contexte agricole actuel. « Penser le futur dans ce contexte-là » était le but de l’assemblée générale du syndicat qui s’est tenu le 27 mai et qui fêtait également ses 40 ans d’existence. « Notre approche est presque systémique aujourd’hui. Nous devons combiner plusieurs facteurs tout en restant dans la spécialité de notre métier », avance le président. Stéphane Radet, directeur du Snia, rappelle « le savoir-faire » des fabricants d’aliment pour optimiser les recettes. Il ajoute que « nous pouvons répondre sur le papier à tous les cahiers des charges mais l’on se doit aussi d’alerter sur les conséquences de telle ou telle décision. » Des cahiers des charges qui se multiplient et qui font dire à Adolphe Thomas que « certains d’entre eux ne sont pas porteurs de vraie différenciation » et que « leur surnombre entraîne des surcoûts en usine qui vont à l’encontre de la compétitivité recherchée ».

Une production d’aliment qui baisse

La production d’aliment du bétail est « un indicateur » du dynamisme des productions animales. Or, depuis dix ans, elle ne fait que décroître. Dans ce sens, l’utilisation des OGM comme des protéines animales, ne doit pas être une source de distorsion de concurrence. Pour l’étiquetage des viandes « issues d’animaux nourris sans OGM », Adolphe Thomas considère que « la seule façon de rendre tout cela cohérent est de se référer à une base commune technique pour tout le monde ». Effectivement, la demande de l’aval est de produire une alimentation sans OGM à 100%, ce qui est impossible du fait de la « contamination lot par lot d’impureté botanique ». Une matière première contenant moins de 0,9% d’OGM est donc reconnue par la Commission européenne comme 100% sans OGM. La décision de réinsérer les protéines animales dans l’alimentation du bétail sera aussi une source de distorsion. « Ce sera aux pouvoirs publics de se prononcer » sur une telle décision, constate Adolphe Thomas qui regrette également le manque, en France, « d’une vraie volonté politique de développement de l’élevage » à l’image d’autre pays comme l’Allemagne. « Si on ne fait rien, l’érosion que nous constatons va continuer », précise le président du Snia.

La contractualisation, une réponse d’avenir

La contractualisation fait partie des réponses pour s’inscrire dans « cette perspective d’avenir » que revendique le Snia au travers de ses représentants. Adolphe Thomas annonce ainsi la prochaine publication d’un contrat cadre entre le fabricant d’aliment et l’éleveur, pour la prochaine campagne. « Nous restons néanmoins très attachés, au Snia, au maintien de la négociation commerciale et au respect de la liberté de choix pour les éleveurs, ainsi qu’à la préservation du savoir-faire du fabricant en matière de formulation », déclarait-il. Comme d’autres membres de la filière, il considère que « le processus de contractualisation pour être efficace doit être envisagé tout au long de la chaîne, c’est-à-dire à la distribution ». Par ailleurs, avec l’amont, le Snia réfléchit à un « nouvel outil constitué par un tunnel de prix, reflétant l’évolution du marché, mais où les acheteurs pourraient contractuellement se garantir d’un prix maxi et les vendeurs d’un prix mini en neutralisant les coûts d’intermédiation », explique Adolphe Thomas. Le but serait de limiter la volatilité des cours des matières premières. La demande du Snia envers l’Europe de « déclencher automatiquement le mécanisme de suppression des droits de douane à l’importation des matières premières utilisées en alimentation animale » poursuit le même objectif.

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