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Le Snia s’alarme des attaques contre l’élevage

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Le syndicat des producteurs d’aliments pour le bétail répond aux polémiques sur l’élevage et l’importation de soja du Brésil.

Le syndicat des producteurs d’aliments pour le bétail répond aux polémiques sur l’élevage et l’importation de soja du Brésil.

À l’occasion de sa conférence de rentrée, l’industrie de l’alimentation animale représentée par le Snia, a tenu à dénoncer les attaques dont les éleveurs sont victimes de la part des organisations antispécistes. Avec les conséquences que cela induit sur les fournisseurs d’aliments pour le bétail. « C’est l’avenir des éleveurs et de tous les métiers associés qui est en jeu », a déclaré François Cholat, président du Snia. « Le discrédit jeté sur l’élevage donne le champ libre aux importations et met en danger notre souveraineté alimentaire et la qualité sanitaire de notre alimentation », a-t-il poursuivi.

Or, les entreprises françaises de la nutrition animale se font de plus en plus concurrencer par les voisins européens. « Longtemps leader en Europe, la France s’est fait distancer par l’Allemagne et l’Espagne, tandis que la Pologne progresse très rapidement », a rappelé le président du Snia. Rien qu’en 2018, le volume de production d’aliments composé a progressé de 3,9 % en Espagne et de 7 % en Pologne, alors que la France a stagné à +0,6 %. Selon l’Insee, les producteurs d’aliments pour animaux de ferme ont réalisé un chiffre d’affaires de 7,6 milliards d’euros en 2018. Le secteur dégage une rentabilité plutôt faible. Selon les données de 2016, le résultat net après impôts atteint 1 % du chiffre d’affaires, pour un EBE de 2,5 % et une valeur ajoutée de 10,1 %.

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Limiter l’impact sur la forêt brésilienne

Le Snia a aussi voulu réagir au reproche qui est fait au secteur pour ses importations de soja et sa responsabilité indirecte dans le développement de cette culture au Brésil, encourageant la déforestation. La France importe 3,5 millions de tonnes de soja chaque année, quand le Brésil produit 90 millions de tonnes. « On ne peut pas influer sur ce que fait le Brésil en matière de soja », a souligné François Cholat. Le président du syndicat a mis en avant la plateforme collaborative Duralim qui réunit toute la filière de l’alimentation animale et dont la charte prévoit qu’en 2025, 100 % des approvisionnements en matière premières provienne de zones non-déforestées. Le syndicat rappelle également le désengouement pour les rations de soja ces dernières années, au profit du colza et du tournesol. L’approvisionnement en soja cultivé en France se heurte pour l’instant à la faiblesse de la production française et à des coûts de production supérieurs à celui du soja brésilien.