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Viandes/Syndicat Le Sniv alerte sur le nouveau contexte économique

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Lors de l’assemblée générale du Syndicat national de l’industrie de la viande (Sniv), son président, Jean-Paul Bigard, a mis l’accent sur la nouvelle donne de cette année 2007 pour l’ensemble de la filière. Une filière qui va devoir s’y adapter si elle veut rester compétitive. Le président appelle à la mise en place d’une politique industrielle commune aux éleveurs, abatteurs et transformateurs.

Fièvre catarrhale, hausse des matières premières, arrivée de nouveaux poids lourds européens et une Pac en phase de modification… L’environnement dans lequel évolue les industriels de la viande est en profonde mutation. C’est ce qu’a voulu rappeler Jean-Paul Bigard, président du Sniv, lors de l’assemblée générale du Syndicat national de l’industrie de la viande qui s’est tenu le 25 septembre.

« Notre agriculture est en train de sortir d’un système politiquement régulé pour entrer de plain-pied dans l’économie de marché, avec un risque de grande volatilité des prix. Certes, le mouvement était amorcé depuis plusieurs années mais la nouvelle donne de cette année 2007, c’est l’amplitude et surtout la rapidité de ces changements. Nos concurrents, eux aussi, sont en train de changer rapidement et la politique agricole, qui oriente nos productions, va connaître de profondes modifications », a déclaré Jean-Paul Bigard. Et pour lui, la modernisation et la restructuration de la filière doivent se faire rapidement, « le temps presse ». Les prémices de cette réorganisation se sont déjà fait sentir avec l’annonce récente du rapprochement de Bigard et de Charal et celui de Gad et du groupe coopératif Cecab, dans la filière porcine. La filière de la viande fait partie des secteurs les moins rentables de l’agroalimentaire français, selon Unigrains. Si les industriels français générent en moyenne un cashflow de l’ordre de 1 à 2 %, leurs concurrents européens se rapprochent de 3 à 5 %.

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« Une vraie politique industrielle »

Jean-Paul Bigard souhaite la mise en place d’ « une vraie politique industrielle pour la filière bovine. Une politique qui intègre totalement la dimension agroalimentaire. C’est cette logique-là qui est déjà en place dans les pays concurrents : au Danemark, en Allemagne, au Brésil ». Il a ainsi appelé à la cohérence entre les différentes représentations de la filière et à l’ouverture d’une réflexion sur les missions de l’Interbev et sur le renouvellement de la cotisation à l’interprofession. Philippe Ducroquet, directeur général d’Unigrains, a tenu à souligner l’importance de « s’approprier la culture du profit pour pouvoir relancer l’innovation et faire face à l’émergence des leaders européens ». Pour lui, « les leaders français doivent jouer leur rôle de locomotive ». Surtout que Bigard, devenu récemment le leader du secteur en France (2,8 Mds EUR), se trouve loin derrière le leader européen, Vion, qui représente un chiffre d’affaires de 7,4 milliards d’euros. Cette politique industrielle passera par une modernisation de l’outil de production mais également par l’amélioration de la qualité. Elle doit être une manière pour la filière de se différencier des offres de la concurrence, soit par des produits de niche soit par des produits élaborés. A l’heure actuelle, l’effort a été particulièrement porté vers les produits élaborés qui représentent environ un tiers du volume global de production. Rappelons que les adhérents du Sniv abattent et commercialisent près des deux tiers de la production nationale. Le chiffre d’affaires des adhérents s’est élevé à 6,4 milliards d’euros, en 2006, pour 1,6 million de tonnes de viande traitées.