Les entreprises de transformation, maillon central de la filière bovine et responsables d’une part croissante des produits élaborés vendus aux consommateurs, sont en réalité mises à mal par une explosion de leurs charges et une constante baisse de la consommation globale. Au nom des industriels, le SNIV a tiré la sonnette d’alarme en soulignant les risques encourus à terme et par ricochet par le monde de l’élevage. Le président Bigard a dit aussi vouloir utiliser tous les recours pour que disparaisse la taxe d’équarissage qui a nourri déjà trop de tensions au sein de l’interprofession Interbev.
L’industrie de la viande, le maillon central de la filière bovine, est exsangue, quelle que soit la taille des entreprises », a clamé le président Bigard lors de la cinquantième assemblée annuelle du Sniv (Syndicat national de l’industrie des viandes) le 26 septembre à Paris.
Coincés entre des prix très élevés à la production et une pression très forte de leurs clients, les industriels voient leurs charges qui explosent (+48% en six ans pour les abattoirs soumis au traitement des déchets et à la taxe d’équarissage) et sont « quasiment en rouge », selon le président du Sniv. Déjà en 2005, il est vrai, leur résultat net moyen n’était plus que de 0,7 % du chiffre d’affaires, selon le SCEES, soit le plus mauvais score de l’agroalimentaire (qui affiche globalement un ratio de 4,2%). C’est pourquoi le syndicat ne baisse pas les bras sur le dossier de l’équarissage et se dit prêt à recourir à des voies juridiques pour se débarrasser d’une taxe dite d’abattage qui est totalement « injuste» et « asphyxie les entreprises » alors que, s’insurge Jean-Paul Bigard, « elle ne sert qu’à financer l’enlèvement des cadavres dans les élevages». D’autant que ce service public, de plus en plus coûteux, risque même d’être privatisé. Ce système aura empoisonné la vie de l’interprofession et ce n’était pas le moment, a dénoncé le président des industriels, tant il est vrai que si l’industrie est menacée, « c’est l’avenir de l’élevage bovin qui est en jeu».
Pour le président du syndicat, c’est justement avec tous les autres maillons de la chaîne qu’il faut tenter de redresser la barre, ce qui passe par la nécessaire modernisation de la filière bovine à tous ses stades.
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
Reconquérir la clientèle en théâtralisant le linéaire LS
Autre préoccupation des industriels, la désaffection du consommateur, le marché intérieur de la viande bovine perdant régulièrement 1%, plus souvent 2% par an, et davantage encore cette année. Le client final, en fait, « a évolué plus vite que notre modèle de vente» – simple décalque de la boucherie traditionnelle dans le libre-service des GMS – et que l’offre de produits et surtout de produit-services, ont souligné les dirigeants du SNIV.
La désaffection pour la viande provient, selon eux, de ce que les moins de 40 ans méconnaissent totalement l’offre du rayon boucherie libre-service à l’exception de quelques viandes à griller alors qu’ils seraient demandeurs d’une grande diversité de produits. C’est pourquoi, afin de savoir quels sont les comportements réels des consommateurs en situation d’achat dans le magasin devant le rayon boucherie LS, le syndicat a commandé, avec l’appui du Centre d’information des viandes (CIV), une étude au cabinet Segments dont les résultats ont été présentés à l’assemblée du Sniv.
Selon cette étude, pour combler ce qui semble être « un profond décalage entre les attentes des acheteurs et l’offre telle qu’elle est aujourd’hui présentée, il faut théâtraliser le linéaire, regrouper l’offre par espèce (du produit brut aux produits élaborés) et rendre compréhensible l’étiquetage »…