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Industrie de la viande Le SNIV requiert le soutien de Dominique Bussereau

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Lors de son assemblée générale, en présence du ministre de l’Agriculture et de la Pêche, le Syndicat national de l’industrie des viandes (SNIV) a rappelé les enjeux de la filière bovine. Outre un besoin de repenser les linéaires pour relancer la consommation, il a notamment fait pression pour que les critères de qualité sur le viande hachée soient maintenus dans le règlement d’application du paquet hygiène.

L’assemblée générale du Syndicat national de l’industrie des viandes, qui s’est tenue le 27 septembre en présence du ministre de l’Agriculture et de la pêche, a été l’occasion pour son président Jean-Paul Bigard de rappeler les enjeux de la filière bovine aux niveaux national, européen et international. Sceptique quant à la capacité de la récente loi Jacob-Dutreil d’impacter le prix de vente des produits de l’industrie, il a demandé à Dominique Bussereau que la viande soit inscrite sur la liste des produits agricoles périssables ou issus de cycles courts de production pour lesquels la mise en place de remises, rabais et ristournes suppose un contrat écrit entre le fournisseur et le distributeur. Le ministre s’est engagé à travailler « dès maintenant à cette évolution ».

Besoin de visibilité et de simplification de l’offre

Autre sujet de préoccupation, dévoilé récemment par l’étude CSA réalisée pour l’Ofival, l’offre en rayon et sa visibilité font également partie des chantiers sur lesquels Jean-Paul Bigard a sollicité l’intervention du gouvernement, en particulier concernant les réglementations sur l’étiquetage des viandes. « Il ne faudrait pas qu’une réglementation ancienne et figée pénalise injustement la filière bovine en bridant les possibilités d’adaptations de nos produits», a-t-il déploré. Rappelant l’objectif du projet de loi d’orientation agricole de simplifier les signes officiels de qualité, allant dans le sens d’une meilleure lisibilité, Dominique Bussereau s’est dit prêt à étudier avec Renaud Dutreil les propositions du SNIV en matière d’étiquetage.

La viande hachée, « pierre angulaire » de la filière bovine

Par la voix de son président, le Sniv a également fait part de ses « graves inquiétudes » concernant l’avenir de la qualité de la viande hachée, « pierre angulaire de la filière bovine française » qui représente plus de 200 000 tonnes de produits. « C’est elle qui nous permet de faire les équilibres entre les différents morceaux de la carcasse», a-t-il rappelé. Récemment, les critères de qualité de la viande hachée (obligation de respecter des taux maximum de matière grasse et de rapport collagène sur protéines) ont été, grâce la mobilisation du SNIV, des pouvoirs publics et des organisations de consommateurs, réintroduits in extremis dans la proposition de règlement transitoire de 4 ans visant à réformer le paquet hygiène au niveau européen. « Les propositions de Bruxelles risquaient d’entraîner une forte dégradation qualitative et de créer une concurrence déloyale au détriment de la production française », a rappelé Jean-Paul Bigard.

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Quatre ans de sursis

Si la France a obtenu de la Commission qu’elle propose leur maintien à titre transitoire, le texte n’est pas encore voté, en raison de l’opposition de 8 Etats membres. « De nouvelles discussions interviendront en octobre et je vous engage à continuer à faire entendre vos arguments (…),a insisté Dominique Bussereau. Je ferai preuve de détermination sur ces discussions ». Car la disparition de ces critères permettrait de mettre sur le marché des viandes hachées plus grasses que le critère de 20 % pour le bœuf par exemple, ce qui entraînerait une baisse qualitative rapide de ces produits avec l’apparition de produits plus gras et de moindre qualité nutritionnelle. Et ce sans que la composition de ces produits ne soit renseignée pour le consommateur. S’agissant du paquet hygiène, dont l’entrée en vigueur est fixée au 1er janvier 2006, le ministre s’est également déclaré attentif à sa simplification et à sa lisibilité et a promis de veiller à ce qu’aucune contrainte supplémentaire ne soit ajoutée par rapport à la réglementation européenne.

Le bœuf britannique inquiète

Au Royaume-Uni, la réintroduction dès le mois de novembre des bovins de plus de 30 mois sur le marché britannique suscite également l’inquiétude du SNIV, qui voit d’un mauvais œil la commercialisation « à notre porte » de viandes qui devront chercher de nouveaux débouchés. Le ministre a tenu à rappeler que la commercialisation de ces produits sur le reste du territoire de l’Union européenne restait encore soumise à restriction. Il s’est dit « particulièrement attentif à l’évolution de ce dossier ».

Revaloriser les farines animales

Concernant la valorisation des sous-produits animaux, Jean-Paul Bigard a émis différentes propositions auxquelles le ministre a répondu concrètement. A sa demande, l’AFSSA vient ainsi de rendre un avis favorable à la valorisation des farines de ruminants dans le petfood, ce qui induit une abrogation des textes français faisant écran à l’application du règlement européen sur les encéphalopathies spongiformes transmissibles (EST). D’autres dossiers sont examinés par l’AFSSA, selon Dominique Bussereau, comme par exemple la valorisation des farines en fertilisants, en réponse à une requête du SNIV dans ce sens. La transformation de ces co-produits animaux en biocarburants fait également partie des propositions émises par le SNIV afin de « dégonfler » le coût global de l’élimination des déchets. « Le dispositif fiscal de soutien aux biocarburants végétaux peut inspirer cette démarche», a indiqué Dominique Bussereau. Si Jean-Paul Bigard s’est félicité que la réforme du service public de l’équarrissage et de son financement ait été entamée, il l’a cependant qualifiée de simple « modification juridique du dispositif ». Il s’est inquiété de ce que ni la destruction des déchets ni le coût de leur élimination n’ont encore fait l’objet de modifications majeures. « Nous comptons sur votre vigilance (…) pour que la mise en place de cet appel d’offres public pour les cadavres conduise à une baisse effective des coûts de collecte et d’élimination », a rappelé le président du SNIV au ministre.