Abonné

Production bovine Le SNIV-SNCP, Coop de France et la FFCB refusent le GIE Export

- - 5 min

Le 18 janvier, la Fédération nationale bovine avait annoncé la création prochaine en interprofession d’un Groupement d’intérêt économique (GIE) destiné à faciliter l’exportation en viande et en vif. Le 29 avril, le Syndicat des industriels de la viande (SNIV-SNCP), Coop de France et la Fédération des commerçants en bestiaux (FFCB) affichent leur opposition à cette idée. Même si leurs objectifs rejoignent ceux de la FNB, ils revendiquent une structure plus « légère » et moins inquisitrice, comme une association. La FNSEA aurait, pour sa part, décidé d’appuyer fortement la création de ce GIE.

Le Groupement d’intérêt économique (GIE) export n’a pas été entériné lors de la conférence des présidents de l’interprofession bovine (Interbev), le 27 avril, contrairement à l’annonce qu’avait pu faire Dominique Langlois, président de l’interprofession. Il avait effectivement déclaré « une officialisation » de ce GIE, la veille de la réunion. Comme le titre la lettre hebdomadaire du Syndicat national des viandes (SNIV-SNCP) du 4 mai, « trois familles d’Interbev n’approuvent pas le projet » : Coop de France, la Fédération des commerçants en bestiaux (FFCB) et le SNIV-SNCP. Le 18 janvier dernier, Pierre Chevallier, président de la Fédération nationale bovine (FNB), avait annoncé la volonté de la FNB de créer ce GIE pour conquérir de nouveaux marchés à l’export. Tout au long de 2010 et au début de 2011, l’export a joué positivement sur le marché de la viande bovine. Le 29 avril, « les présidents du SNIV-SNCP, de Coop de France Bétail & Viande et de la Fédération des commerçants en bestiaux (FFCB) ont adressé un courrier au président d’Interbev indiquant qu’ils n’approuvaient pas, en l’état actuel du projet présenté, la constitution d’un GIE Export », relève le communiqué. Selon eux, « la création d’une structure statutairement dotée de la capacité à s’ingérer dans les affaires économiques et commerciales des entreprises » n’est pas « la bonne réponse pour améliorer l’efficacité du commerce extérieur de la filière ». Pour le SNIV-SNCP, Coop de France Bétail & Viande et la FFCB, « s’agissant d’optimiser les moyens collectifs d’accompagnement et de développement de l’exportation (veille, exigences administratives et sanitaires), ce projet est à reprendre sur la base d’une structure légère n’ayant pas vocation à s’ajouter aux différents services existants déjà et ayant le même objet. »

Une association plutôt qu’un GIE

Jacques Poulet, directeur du pôle animal de Coop de France, explique sa position : visiblement, si l’objectif est commun – développer l’exportation –, l’outil utilisé est trop « lourd ». Que « le GIE export se substitue aux opérateurs » n’est pas le souhait de ces trois familles. Elles préféreraient « un accompagnement » dans la recherche de marchés à l’export, au sein d’une association par exemple, plutôt que « cette substitution », avance Jacques Poulet. Que les importateurs n’accèdent plus qu’à un seul interlocuteur n’est pas du goût du SNIV-SNCP, de la FFCB et de Coop de France. D’autant plus que les opérateurs « ont une compétence technique et une expertise », qui avec ce GIE ne seront pas valorisées, explique-t-il. Par ailleurs, en termes de rentabilité, d’après Jacques Poulet, une association serait tout aussi efficace et moins dépensière, surtout « si elle a une obligation de résultat ». Il considère également que les importateurs préfèrent travailler avec plusieurs opérateurs pour faire jouer la concurrence. De plus, un GIE export « engage de façon solidaire tous ses adhérents », déclare-t-il. En cas d’erreur sur un marché, c’est aux adhérents du GIE d’en assumer les frais et « nous n’avons pas vocation commerciale », précise-t-il. D’après lui, « dans un souci d’efficacité technique, commerciale et financière », cet outil n’est donc pas adapté. Pierre Halliez, directeur général du SNIV-SNCP, résume la situation: « Nous ne sommes pas dans une économie planifiée ». Il revendique une structure « dépourvue de sa capacité à faire des opérations économiques et commerciales. »

Un refus pris comme « une injure aux éleveurs » par la FNB

De bonne source, Xavier Beulin, président de la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA), se déclarerait fermement déterminé à soutenir la démarche. La FNB a violemment réagi dans un communiqué de presse du 5 mai, à la suite du courrier du SNIV-SNCP, de la FFCB et de Coop de France. « Cette position est inqualifiable et révoltante pour les éleveurs qui […] espèrent par la relance de l’export une amélioration de marché et donc de leur revenu », souligne le communiqué. Qualifiée d’« injure aux éleveurs » par la FNB, « aucun motif valable ne justifie » cette opposition. « Elle est aussi une remise en cause de la parole donnée au ministre de l’Agriculture, qui avait défini en accord avec tous les partenaires cet objectif de dynamisation de l’export dans le cadre de la feuille de route pour la filière bovine en novembre dernier », fait observer la FNB. Cette dernière « en appelle au ministre de l’Agriculture pour convoquer sans délai les fédérations opposées au GIE Export et obtenir une révision de leur position. »

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.