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Commerce extérieur Le solde agroalimentaire français en reprise fragile

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Le solde agroalimentaire français a marqué une reprise en 2010, mais la France est moins bien placée dans la compétition mondiale, notamment dans l’UE, a indiqué le secrétaire d’État au Commerce extérieur, Pierre Lellouche, le 8 février. Un des points forts du commerce extérieur français, l’agroalimentaire, fait l’objet de l’attention du gouvernement, qui devrait annoncer prochainement des mesures incitatives à l’exportation.

Le solde du commerce extérieur agroalimentaire français, deuxième excédent après celui de l’aéronautique, s’est redressé en 2010, « grâce aux céréales, aux boissons et aux produits de terroirs (vins, fromages) ». Mais sans toutefois atteindre son niveau d’avant l’effondrement de 2009, et surtout sans avoir retrouvé sa place dans l’UE, zone avec laquelle son excédent se détériore. C’est ce qui ressort des résultats 2010 du commerce extérieur général, annoncés par Pierre Lellouche, le 8 février.
Les résultats : un excédent de 7,8 milliards d’euros, après le « trou d’air » à 5,2 milliards en 2009, indiquent les Douanes. Les points forts de l’agroalimentaire français restent les céréales et les boissons.
Mais cet excédent ne retrouve pas ses niveaux d’antan. Les 10 milliards d’euros annuels atteints entre 1997 et 2000 n’ont pas pu être réédités. La progression des exportations « reste modérée », relèvent les Douanes, et ne compense pas celle des importations (+2,4% l’an depuis 1997, contre +3,5 % pour les achats). Depuis 1997, l’excédent avec les pays de l’UE s’est détérioré fortement, de -3,8 milliards d’euros.
Encore deuxième exportateur mondial en 1997 après les États-Unis, la France s’est retrouvée au quatrième rang en 2009, derrière les États-Unis, les Pays-Bas et l’Allemagne.

Le point faible : les 1ère et 2e transformations

L’érosion des positions françaises est centrée sur les produits de première transformation (viandes, poissons congelés, huiles) et de deuxième transformation (préparations à base de fruits et légumes et à base de viandes et de poissons). Le solde des produits de première transformation, largement excédentaire en 1997 (2,4 milliards), a juste dépassé l’équilibre en 2010 (349 millions). Le solde des produits de deuxième transformation, déficitaire de 1,3 milliard d’euros en 1997, l’a été de 3 milliards en 2010.
Bercy, à travers le service des Douanes, avertit : « Les bonnes performances enregistrées dans les céréales et les boissons ne doivent cependant pas occulter la montée de la concurrence ». La France voit ainsi ses parts de marché mondiales dans les boissons « rognées au profit d’autres pays de l’UE (Allemagne, Autriche, Italie) et des pays tiers, notamment le Mexique et l’Australie ». De même, la France, tout en restant le deuxième exportateur mondial de céréales après les États-Unis, « cède tendanciellement du terrain face aux pays émergents à bas coûts de production (Russie, Ukraine, Vietnam, Inde, Brésil) ».

Incitation aux exportations : Pierre Lellouche annoncera des mesures

Lors de sa présentation des résultats du commerce extérieur, Pierre Lellouche a mis l’accent sur le fort potentiel de la France pour redresser le commerce extérieur général, qui est passé de – 44,2 milliards d’euros en 2009 à – 51,4 milliards d’euros en 2010. Il a notamment préconisé des efforts sur le secteur de l’agroalimentaire, « où la qualité des produits français n’est pas encore suffisamment valorisée dans les grandes surfaces françaises implantées à l’étranger ». Il devrait annoncer le 16 février des mesures incitatives aux exportations, en profitant de l’image renforcée de la France alimentaire, depuis l’inscription de sa gastronomie au patrimoine de l’humanité.

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